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FootballReprise du jeu: les réactions des clubs romands

Les cinq clubs romands ont réagi concernant la reprise du championnat et le refus d'une Super League à douze équipes.

Photo d’illustration des Lausannois
Photo d’illustration des Lausannois
KEYSTONE

Lausanne-Sport

Une victoire et une défaite, c’est le «score» obtenu par le LS ce vendredi au Stade de Suisse. Si la proposition vaudoise d’élargir la Super League à 12 équipes a été largement rejetée, le club de la Pontaise peut évidemment se réjouir de la reprise du championnat, un scénario qu’il a toujours défendu. «On est content de pouvoir rejouer, ce qui n’était pas forcément gagné voici quelques semaines, résume Stefan Nellen. On a toujours travaillé sur toutes les pistes qui nous donnaient une chance d’évoluer en Super League dès la saison prochaine. Raison pour laquelle on avait exploré d’autres solutions, ce qui revenait aussi à focaliser les clubs sur les problèmes des autres. Le but, ce n’est pas de perdre des clubs en route…»

A Berne, la formule «12 + 8» a pourtant été largement refusée (5 oui, 14 non et 1 abstention). Stefan Nellen, qui avait porté cette réforme, n’en prend cependant nullement ombrage. «On a senti ces derniers jours que le vent tournait, concède le vice-président du LS. Il y a aussi des intimidations… Tout était pratiquement déjà joué avant même l’assemblée. Compte tenu de la crise économique que l’on sait, il ne faudrait pas non plus que le refus du 12 + 8 se transforme dans une année en 16 + 0!» En dépit de cette défaite dans les urnes, notre interlocuteur ne s’en formalise pas trop. «Il faut aussi être fair-play, conclut-il. On sait désormais où l’on peut aller et c’est ce qui importe aujourd’hui…»

FC Sion

Depuis Berne, Marco Degennaro a lui exprimé sa frustration. «Je suis déçu, en mon nom et en celui du FC Sion. Nous avons eu l’impression que le message n’est pas passé. Il était bien compréhensible en français et en italien, mais peut-être pas dans toutes les langues nationales, je ne sais pas… Nous estimons qu’il y avait des questions de sécurité sanitaire, de respect des contrats, d’équité sportive… Elles ont été balayées, sans aucune discussion, a dit le directeur général, dans des propos rapportés sur le site du club. Je m’imaginais, sans doute naïvement, une assemblée générale comme un lieu d’échanges et de discussions. Un club propose, l’autre répond, un autre contre-argumente… C’est un monde qui n’existe pas, tout simplement. Aujourd’hui, nous sommes déçus, mais pas surpris. Tout était planifié en avance. La décision prise par l’assemblée est claire. Mais ça ne veut pas dire qu’elle est juste.»

Marco Degennaro a également commenté le refus d'une Super League élargie. «Nous étions convaincus que la proposition du Lausanne-Sport de passer à douze en Super League était juste. Elle aurait enlevé la pression sur beaucoup de clubs. On parle beaucoup de solidarité, d’unité… Je constate qu’on a fait le contraire.»

Servette FC

De son côté, le Servette FC «se félicite de la décision prise ce vendredi lors de l’assemblée générale extraordinaire de la Swiss Football League. Le staff, les joueurs et le club dans son ensemble ont hâte de reprendre le jeu et d’en découdre avec le FC Lugano au stade de Genève, dès le week-end des 20-21 juin, a dit Loïc Luescher, porte-parole des Grenat. L’équipe s’entraînait depuis le 19 mai et nous sommes très heureux que ces dix jours de travail n’aient pas été effectués dans le vide. Il est important pour tous, désormais, de pouvoir se projeter vers de nouvelles échéances. »

Avant d'évoquer, lui aussi, le statu quo concernant le nombre d'équipes en première division pour les années à venir. «Concernant le maintien de la formule actuelle de championnat, le Servette FC prend note du vote, qui confirme la décision prise récemment. Dans notre esprit, la question reste ouverte et doit déboucher à l’avenir sur une réflexion plus profonde.»

NE Xamax

A Neuchâtel, le double non n’est ni une surprise ni une défaite. Même s’il n’a pas voté (ndlr: Jean-François Collet, propriétaire du club, s’en est chargé), Christian Binggeli s’y attendait. «M. Collet a certainement voté ce que j’aurais moi-même voté. On a senti que les choses ne tournaient pas en notre faveur.»

Pour le président de la Maladière, l’absence d’un véritable concept s’est fait urgemment sentir. «Durant ces trois mois de pause, déplore-t-il, rien n’a été fait alors qu’il importait de trouver un nouveau modus concret. On n’avance pas. Tout le monde se plaint mais on ne change rien. Le football suisse manque d’un visionnaire qui oserait faire bouger les choses.» Après le départ de Serey Die, Christian Binggeli craint-il de perdre de nouveaux éléments? «Je n’aimerai pas que le cas Serey Die se répète…» Car à Neuchâtel, on sait qu’il y a un maintien à assurer.

Stade-Lausanne Ouchy

«La journée a été très positive et constructive à nos yeux: les affaires reprennent. Ce retour au jeu va nous permettre d’éviter pas mal de problèmes, a déclaré Vartan Sirmakes, président du SLO. Le premier élément, qui est évidemment une très bonne chose, c’est que le verdict des championnats sera rendu sur le terrain et non pas sur tapis vert. Cela écarte pas mal de possibilités de litiges devant la justice. Mais je retiens surtout que pour le staff et les joueurs, dont c’est quand même le métier, cette reprise constitue un grand soulagement. Pour ce qui est du maintien de la formule actuelle du championnat, même si une Challenge League «naine» à huit équipes n’aurait pas eu que des inconvénients, nous sommes aussi satisfaits.»