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Manifestation annuléeLe défilé à vélo autour de Plainpalais n'a pas été autorisé

Le rassemblement de cyclistes se voulait une contre-manifestation à celle des motards et automobilistes convoquée par Luc Barthassat.

Le 18 mai 2020, plus de 2000 cyclistes avaient déjà manifesté à Plainpalais pour défendre les nouveaux aménagements cyclables réalisés en Ville de Genève.
Le 18 mai 2020, plus de 2000 cyclistes avaient déjà manifesté à Plainpalais pour défendre les nouveaux aménagements cyclables réalisés en Ville de Genève.
Laurent Guiraud/ Tamedia

Manifesteront, manifesteront pas? Le député d’Ensemble à Gauche et ex-maire de la Ville de Genève Rémy Pagani a annoncé dans un communiqué que le cortège à vélo prévu à Plainpalais ce vendredi en fin d’après-midi était annulé. Il s’agissait de contrer la manifestation organisée au même moment sur le pont du Mont-Blanc par l’ex-conseiller d’État Luc Barthassat, pour demander le démantèlement des pistes cyclables récemment créées en ville dans le cadre du déconfinement.

Dans un communiqué de presse, Rémy Pagani, qui avait déposé une demande pour une «balade à vélo» autour de la plaine de Plainpalais, explique avoir reçu ce vendredi matin un refus inconditionnel du Département de la sécurité, de l’emploi et de la santé (DSES). «Je suis très surpris et consterné de ce refus, notamment du fait de ses motifs peu sérieux: par exemple que nous aurions pu nous retrouver plus nombreux que les 200 à 300 participants cyclistes annoncés, ou que notre demande n’a pas été faite dans un délai de 30 jours, alors qu’elle répond à une urgence actuelle manifeste et que le délai raisonnable et légal de plus de 48h a été respecté, écrit le député. L’idée qu’une manifestation soit interdite du fait du succès qu’elle risque de remporter en termes de participation ou qu’il n’y aurait pas une urgence démocratique à permettre aujourd’hui non seulement aux opposants mais aussi aux partisans des aménagements cyclistes concernés de manifester est indéfendable.»

Dans sa décision, le DSES explique qu’il y a déjà deux autres manifestations organisées ce vendredi en fin de journée – celle contre les pistes cyclables et celle contre le racisme – dont les autorisations ont été demandées antérieurement. Or, celles-ci vont générer des perturbations importantes de la circulation routière au centre-ville et sur le pont du Mont-Blanc, laquelle devra justement être déviée par Plainpalais. De plus, la police sera déjà fortement mobilisée du fait de ces deux rassemblements. Enfin, le DSES estime qu’il n’y a pas urgence à manifester pour des pistes cyclables à propos desquelles le Conseil d’État vient d’annoncer que leur mise à l’essai est prolongée.

Pour Rémy Pagani, ce refus est plus politique qu’autre chose, et selon lui motivé par le fait que le conseiller d’État en charge du DSES, Mauro Poggia, appartient au même parti que Luc Barthassat, le MCG. Cependant, Rémy Pagani appelle à renoncer «pour aujourd’hui» à manifester pour protéger et pérenniser les pistes cyclables et les zones 20 km/h récemment réalisées. Il appelle à rejoindre la manifestation antiraciste organisée en début de soirée sur le quai Wilson. Sera-t-il entendu par tous les cyclistes qui prévoyaient de défiler, ou certains manifesteront-ils quand même de manière illégale, comme près de 2000 cyclistes l’avaient fait en mai?