Passer au contenu principal

Hommage au cascadeur légendaireRémy Julienne s’est vraiment cassé le cou

Le Français s’est éteint dans la nuit de jeudi à vendredi, à 90 ans, des suites du coronavirus. Sans lui Jean-Paul Belmondo n’aurait sans doute pas été aussi magnifique.

Rémy Julienne, plus de 1400 cascades réglées pour les cinéastes du monde entier depuis 1964.
Rémy Julienne, plus de 1400 cascades réglées pour les cinéastes du monde entier depuis 1964.
DR

Dans «Le Guignolo» en 1980, quand Jean-Paul Belmondo tient Venise à bout de bras accroché à un câble durant de longues minutes, c’est une trouvaille de Rémy Julienne. Régleur à quatorze reprises des «pitreries» de la star, comme il disait, le cascadeur était devenu l’un des meilleurs amis de Bébel. Qui lui rendait hommage vendredi, à l’annonce de son décès à 90 ans: «C’est un très grand cascadeur qui a fait beaucoup… beaucoup pour le cinéma.»

Supplément de rêve

Entre potes, l’effort se partageait. Aux esprits persifleurs qui doutaient de la participation réelle de Belmondo à ces si spectaculaires scènes d’action, Rémy Julienne prenait toujours le temps d’expliquer: «Qualité très rare en dehors de son agilité proverbiale, cet acteur nous faisait une confiance absolue. Il est complètement faux de penser qu’il profitait des cascadeurs pour se donner le beau rôle.»

Chacun savait sans doute combien ils étaient indispensables à pourvoir au petit supplément de rêve cinématographique. Feu Roger Moore mesurait aussi sa dette à l’ancien champion de moto-cross. «Sans lui, répétait volontiers l’acteur britannique, James Bond n’aurait pas existé.» En 1981, Hollywood décerne un oscar au Français du Loiret pour «Rien que pour vos yeux».

Avec Belmondo, Rémy Julienne aura tourné quatorze fois, devenant son complice et ami de «pitreries» comme il qualifiait ses cascades.
Avec Belmondo, Rémy Julienne aura tourné quatorze fois, devenant son complice et ami de «pitreries» comme il qualifiait ses cascades.
DR

Au-delà de six missions 007, cet homme modeste a officié auprès des plus grands cinéastes. Son palmarès aux 1400 entrées tient du dictionnaire de cinéma: Georges Lautner dont il devient l’habitué, François Truffaut dans «La nuit américaine», Roman Polanski, Sydney Pollack sur «Bobby Deerfield», Jean-Jacques Annaud, Gérard Oury, Henri Verneuil, Costa-Gavras etc.

L’accro du risque «calculé» avait débuté dans les années soixante sur «Fantômas», «La grande vadrouille», etc. Amoureux d’automobile depuis l’âge de 12 ans, quand il piquait la voiture de son père, il était devenu l’expert de référence dans ce registre après «The Italian Job» (1969) et sa mémorable danse de tôle froissée avec des Mini Cooper. Un effet spécial à lui tout seul.