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«Rehausser les tarifs à la fin de 2016 serait judicieux»

«Les transports publics se développeront encore car c'est impossible autrement», prédit Denis Berdoz.
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Il a pris ses fonctions le 1er mars comme directeur général des Transports publics genevois (TPG), après le débarquement de son prédécesseur et une période d'intérim. Pour la première fois en quatre mois, Denis Berdoz livre ses impressions, juste après la démission d'Anita Frei, présidente du conseil d'administration de cette régie publique en ébullition.

Anita Frei vous a recruté. Son départ vous déstabilise-t-il?

Il m'en faut plus, mais c'est un événement majeur qui ne m'a pas réjoui. Je m'entends bien avec elle, tout comme avec le ministre de tutelle. Mais c'est le conseil d'administration qui m'a engagé. Je m'adapterai et n'ai pas à commenter davantage ce départ.

Les fréquences ont baissé sur certaines lignes en avril et baisseront encore cet hiver. L'attractivité des TPG en pâtira!

Ce n'est pas une bonne nouvelle, mais il faut relativiser sa portée. Nous savons exactement combien de passagers nos véhicules transportent et avons ciblé les baisses quand l'affluence est moindre. La baisse de l'offre en 2016 restera inférieure à ce qu'envisageait le contrat de prestations quadriennal adopté l'an dernier. Elle ne sera pas jugée inacceptable au point de reprendre sa voiture.

Il a fallu une fuite pour que la baisse de l'offre, en avril, ne soit pas effectuée en catimini. Etait-ce une bonne idée?

L'ajustement était mineur. Mais si c'était à refaire, je procéderais autrement. Nous avons écopé de critiques non seulement sur cette mesure, mais sur notre manque de transparence. Cela plaide pour une communication ouverte.

Où en sont vos finances?

La situation n'est pas bonne, mais moins mauvaise que prévu. Le déficit attendu en 2015 et 2016 sera un peu moindre qu'on ne l'a craint. Malgré la baisse des tarifs, les gens ne se précipitent pas sur les transports publics. Nos recettes baissent, mais un peu moins qu'escompté. Nous avons réduit nos frais financiers, en lançant un emprunt obligataire avec un taux intéressant ou en bloquant sur dix-huit mois le prix de nos achats de carburant. Cela, notamment, a permis de limiter la baisse de l'offre.

Faudra-t-il rehausser les tarifs?

Oui, tout en respectant la volonté populaire. L'initiative, en baissant certains prix et d'autres pas, a créé des distorsions. Il serait judicieux d'envisager une hausse à l'horizon de la fin de 2016, dans le cadre de l'augmentation qui est prévue dans tout le pays et sans remonter au niveau de prix connu par le passé. Mais ce n'est pas nous qui en déciderons!

Pourrez-vous éviter les licenciements économiques, comme promis après la grève?

On le doit car on s'y est engagé. On s'y est tenu et, selon les projections, on pourra s'y tenir.

Pourrez-vous améliorer votre vitesse commerciale?

Les TPG peuvent optimiser des procédures comme les ouvertures et fermetures de portes ou revoir les lieux où se fait la relève des conducteurs. Mais nous n'irons pas loin si nous sommes les seuls à faire nos devoirs. Il y a des arrêts à réaménager, ce qui relève des communes, des couloirs réservés à créer et des priorités à nous donner aux carrefours, ce qui est de la responsabilité de l'Etat.

Ce chantier est long et difficile, mais il est crucial pour la qualité du service et il peut nous faire réaliser des économies. Si la vitesse augmente, on peut assurer la même desserte avec moins de véhicules.

Le réseau doit aussi s'ajuster à l'arrivée du RER, dans quatre ans…

Nous sommes en pleine réflexion sur les interfaces, la grille tarifaire (Unireso) et sur le réseau. Ce ne sera pas une révolution mais il faudra modifier telle ligne pour qu'elle desserve une gare et interrompre telle autre car elle ferait doublon avec le train.

Qu'avez-vous apporté aux TPG en quatre mois?

Ne voulant pas arriver comme le Messie, j'ai beaucoup observé. Avec des ressources restreintes, il nous faut fixer des priorités. Je veux renforcer la communication et développer les moyens informatiques au service du passager. Nous devons nous mettre dans la peau du client. Nous venons de valider l'achat d'écrans d'information aux voyageurs, plus fiables, plus lisibles et plus complets que les actuels. Même si nous vivons une phase de restriction, les transports publics restent un créneau porteur. Ils se développeront encore car c'est impossible autrement!

Avez-vous découvert des difficultés insoupçonnées?

Le système est un peu plus lourd que je le croyais, avec une forte présence syndicale et un lien étroit avec l'autorité politique. Mais j'ai aussi découvert des équipes très motivées et une grande fierté de travailler pour les TPG.