Le youtubeur des rues à l’assaut de notre droit à l’image

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Les ados en mal de notoriété sont les ennemis de la pause de midi. Celle qu’on s’imagine paisible, sur le pont de la Machine. Il y a une semaine, alors que je pensais déguster mon panini en toute tranquillité, voilà qu’un jeune bondit dans mon dos pour m’effrayer. Le temps de comprendre que la scène était filmée et le blagueur et son complice cameraman n’étaient plus en mesure d’être rattrapés. Il ne me restait plus qu’à l’accepter: mon image venait d’être volée.

Rien de bien méchant me direz-vous. Une mésaventure de notre temps tout simplement.

Sauf qu’au XXIe siècle justement, les images restent rarement confinées à l’espace d’un disque dur privé. Les réseaux sociaux avalent les contenus avec boulimie, et le youtubeur en devenir se montre souvent peu scrupuleux au moment de nourrir la machine. Difficile de résister aux millions de vues des vidéos «prank» – farces visant des inconnus dans la rue – et tant pis si les victimes n’ont pas donné leur accord. Et c’est là que le bât blesse. Si la caméra cachée ne date pas d’hier, son utilisation était jusqu’alors encadrée. Pas de publication sans consentement ou floutage des visages.

Alors que faire face à la propension actuelle des réseaux sociaux à piétiner le droit à l’image de chacun? Capituler et accepter que les temps ont changé? C’est une option. Livrer un combat juridique? Au cas par cas, pourquoi pas. Éduquer? J’aurais souhaité que mon youtubeur du pont de la Machine m’explique sa démarche après coup, pour ne rien enlever à la spontanéité de la blague. J’aurais souri, nous nous serions serré la main et donné rendez-vous sur sa chaîne YouTube. Qui sait, le farceur aurait peut-être même gagné un abonné. (TDG)

Créé: 12.06.2019, 19h28

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