Votations du 8 mars: pourquoi il faut soutenir la réforme de la police genevoise

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Votations du 8 mars: pourquoi il faut soutenir la réforme de la police genevoiseLa Chambre constitutionnelle a rejeté mercredi le recours lancé contre la Loi sur la police. Cette décision permettra au peuple de donner son avis sur un des plus importants chantiers de la nouvelle législature. A cet égard, il ne faut pas se tromper de débat: les questions soulevées ici ou là, de savoir si l’étoile du ministre de la Sécurité Pierre Maudet va pâlir en fonction des résultats, si celle du MCG va monter, sont intéressantes mais secondaires.

L’enjeu principal de la votation porte, cela crève les yeux, sur la rénovation d’une institution en souffrance. A l’évidence, les policiers ont les nerfs à fleur de peau. A tort ou à raison, ils éprouvent depuis des années un profond sentiment d’injustice et en font porter la responsabilité tour à tour à leur hiérarchie, à leur département de tutelle, au monde politique et à la société en général. Depuis des années, une mentalité de citadelle assiégée s’est développée. Paradoxe, avec des magistrats longtemps faibles ou affaiblis, une hiérarchie tantôt mise sur la touche, tantôt complice, les syndicats de police ont acquis par la bande une influence unique sur leur institution. Hélas, loin de créer une synthèse novatrice comme on aurait pu l’espérer, ces différents pouvoirs se sont bloqués, neutralisés, aboutissant au huis clos infernal que nous connaissons.

Si elle est acceptée, la nouvelle Loi sur la police fera au moins bouger les structures sclérosées des corps actuels. Mais surtout, elle pose les bases d’un changement des mentalités en renforçant en particulier le principe de «responsabilisation» des policiers dans leurs activités. Que l’on parle du matricule affiché sur l’uniforme, de la vidéosurveillance dans les postes, de la création d’une instance de médiation, du conseil consultatif de sécurité, d’une commission du personnel, cette loi marque d’importants progrès en termes de transparence vis-à-vis des citoyens et de représentation dont profiteront les policiers. Qu’elle clarifie enfin ce que les policiers pourront faire ou pas lors d’éventuels mouvements sociaux (manifestation en uniforme, exemplarité, etc.) n’est pas du luxe! Dans ces conditions, alors que les dispositions relatives aux mesures d’investigations secrètes ont été cassées par le Tribunal fédéral, il est renversant de voir une partie de la gauche continuer de s’opposer à cette loi. Le soutien du Cartel intersyndical aux syndicats de police au nom du service public et pour torpiller Score est une erreur. Le corporatisme n’est pas l’avenir du syndicalisme, il en est le tombeau. Enfin, après des mois de débats, où sont les contrepropositions des syndicats de police et de leurs amis? Que proposent-ils comme réforme, comme évolution pour cette profession meurtrie? Rien. Un échec de la Loi sur la police prolongerait le malaise de la profession. Voulons-nous vraiment lui réserver ce sort et continuer d’en payer le prix?

Créé: 05.03.2015, 22h54

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