Vive les universités populaires de Genève

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Six cents citoyens, qui n’ont pas tous un diplôme en poche, assistant à un cours consacré à la philosophie d’Helvetius – qui n’est pas le bel esprit le plus connu du XVIIIe siècle – c’est cela le miracle des universités populaires! La plus emblématique, où cette scène s’est déroulée, se trouve en France, à Caen, où le philosophe Michel Onfray a impulsé la création d’une université populaire d’un genre nouveau en 2002. Cet engouement, dans cette ville d’un peu plus de 100 000 habitants, ne s’est jamais démenti depuis.

On peut rêver à un regroupement des forces, à des partenariats, à une démocratisation encore plus poussée

La ville de Genève, deux fois plus peuplée, a aussi son, ou plutôt ses universités populaires. Car l’offre est ici plurielle. Avec des formules gratuites ou payantes, s’adressant à des publics divers. L’UPCGe, la plus grosse, avec ses 250 enseignants bénévoles, attire quelque 4300 étudiants par an. Elle est née d’une scission en 1982 de l’Université ouvrière de Genève, qui fait elle aussi de l’éducation populaire, ainsi que des formations certifiantes.

Depuis quelques années, l’UNIGE multiplie les signes d’ouverture et affirme sa volonté de partage du savoir et de lien avec la population de la cité, au-delà de son travail académique reconnu mondialement (elle est classée 53e au classement de Shanghai). Elle organise de nombreuses conférences de haut niveau ouvertes à un public plus large que celui de ses étudiants. Elle vient aussi de réaliser une websérie très réussie, The Historians, dans laquelle des professeurs genevois de la Maison de l’histoire décryptent des séries télés comme Kaamelott ou Vikings. Un livre The Historians, coédité par Georg Éditeur, vient aussi d’être publié. Cette volonté de mettre à portée du grand public le savoir de spécialistes pourrait accoucher d’autres projets.

Ajoutez à cela les «Cours publics» et conférences de l’Université de Genève, Cité seniors à l’initiative de la Ville, qui propose aux retraités des formations pratiques ou culturelles, différents cafés philo ou historiques, et le panorama semble riche. Riche mais éclaté. Et dont la palette thématique n’est au global guère plus fournie que celle offerte par la seule Université populaire de Lausanne!

L’UPCGe, il faut dire, répond d’abord à un besoin: celui d’alphabétiser et d’apprendre le français à des étrangers arrivés en Suisse et de les intégrer culturellement. Mais elle propose aussi l’apprentissage de bien d’autres langues, dont le coréen, l’arabe ou le japonais, des mathématiques, de l’informatique ou du théâtre. Et souhaite encore étendre son offre l’an prochain. L’Université ouvrière propose aussi des cours de français car la demande est forte.

On peut rêver à un regroupement des forces, à des partenariats, à une démocratisation encore plus poussée des savoirs, à la diffusion d’un programme complet de l’offre genevoise, réunissant à l’avenir toutes les forces vives de l’éducation populaire à Genève.

Faciliter l’accès à la connaissance sans condition d’âge ou de formation initiale reste une belle idée, même si elle n’est pas nouvelle. L’Université populaire est en effet née au début du XIXe par la volonté d’un pasteur luthérien danois, Frederik Grundvig.

En France, c’est un ouvrier typographe qui lance la première en 1898, dans la filiation des associations philotechniques dans lesquelles le grand Victor Hugo s’était investi. En Suisse, ces universités du peuple apparaîtront après la Première Guerre mondiale à Bâle, Berne et Zurich avant d’essaimer en Suisse romande, pour réunir plus de 200 000 auditeurs aujourd’hui, selon la revue Sciences humaines. Une histoire qui mérite d’être prolongée et amplifiée.

(TDG)

Créé: 24.01.2018, 12h46

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