La viralité du coronavirus, un cas d'école

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Avant toute chose, rappelons que le coronavirus 2019, aussi désigné 2019-nCoV par les scientifiques, a tué plusieurs centaines d’individus et que cette maladie doit être prise au sérieux. Cela étant dit, même si cette grave pneumonie ne constitue pas (encore) pour l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en date du 4 février 2020 une pandémie, terme qui désigne une propagation mondiale, force est de constater que le coronavirus interpelle aussi par sa viralité sur… les réseaux sociaux.

En mal, serait-on tenté de dire si l’on songe aux incontournables «fake news» et autres vidéos qui circulent un peu partout sur le web. Cette désinformation provoque d’ailleurs de multiples réactions, à commencer par celles du gouvernement chinois prompt à traquer les perturbateurs de l’ordre social intérieur. La censure n’est par ailleurs pas incompatible avec une certaine dose de transparence, comme lorsqu’il s’agit de montrer au 1,1 milliard d’utilisateurs de WeChat (le WhatsApp chinois) la construction ultrarapide d’un complexe hospitalier proche de la ville de Wuhan, où le coronavirus 2019 s’est répandu…

Une viralité digitale qui pourrait aussi se révéler positive. Il est en effet probable que la gestion de l’information institutionnelle, en réponse à la désinformation sur les réseaux sociaux, devienne un cas d’école en matière de e-réputation digitale. Ainsi, l’OMS a-t-elle su s’adapter aux attentes en informations fiables et crédibles en modifiant sa page d’accueil et en proposant une rubrique intitulée «En finir avec les idées reçues».

Ce type de «Questions-Réponses» est bien connu dans l’enseignement de la communication de crise où le rétablissement des faits constitue la meilleure forme de réponse à la dissémination de fausses informations.

Les réseaux sociaux Twitter, Facebook et même Google l’ont bien compris: le coronavirus 2019 est une opportunité mondialisée pour soigner leur e-réputation largement écornée par de précédentes affaires. Ainsi Google s’est-il rapproché de l’OMS pour combattre les «fake news», disséminées en particulier sur sa plateforme vidéos YouTube, au moyen d’un algorithme qui privilégie les sources crédibles. Le but affiché étant que les informations de l’OMS soient mieux référencées et apparaissent en tête des résultats de recherche.

La volonté, rapide et concrète, des responsables des principaux réseaux sociaux de se distancier des formes anxiogènes de la conversation privée doit être saluée comme une prise de conscience de l’intérêt public prépondérant. Il serait en effet ridicule pour des entreprises numériques cotées en Bourse et soucieuses de leur réputation de laisser croire que tout porteur de masque constitue un zombie en puissance. Mais il serait surtout très risqué de penser, une fois l’épidémie terrassée, que le gouvernement chinois et son 1,44 milliard de potentiels clients oublient de sitôt les plateformes qui les auraient ostracisés ou ridiculisés. La e-réputation commence par une projection des conséquences possibles de ses actes avant toute diffusion de post, commentaire ou image bidon.

Créé: 09.02.2020, 18h42

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