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Violence à l'école: il n'y a pas de remède tout prêt

Jean Romain, ancien président du Grand Conseil
Jean Romain, ancien président du Grand Conseil

Genève apprend que des agressions physiques sont commises contre des enseignants. Ces cas de violence grave envers les professeurs inquiètent. Depuis que certains élèves ont fui leur pays où la violence est omniprésente, les choses ne s’améliorent pas. Des bandes organisées reproduisent ici ce qu’elles ont appris là-bas. L’école est devenue un centre éducatif au lieu de ce qu’elle doit être, un lieu de transmission du savoir Les autorités ne prennent pas la mesure du problème.

1. On entend dire à juste titre que la majorité des élèves ne sont pas violents. C’est heureux ! Or ce n’est jamais la majorité qui cause problème, mais la minorité, contre laquelle la majorité est impuissante. Et c’est toujours le cas dans l’histoire. La majorité des musulmans dans le monde sont des gens pacifiques ; les radicalisés sont minoritaires, mais ce sont eux qui causent problèmes. L’histoire mondiale a été celle de minorités qui sont parvenues à faire vaciller la paix. La minorité violente de nos écoles, à elle seule, fait basculer la sérénité.

2. On suggère que la violence de ces élèves est une réaction à la violence que l’institution exerce sur eux. Le raisonnement : l’école oblige les élèves à rester assis, à étudier, à se plier à des règles. Agressés par leurs enseignants, dénigrés par des profs qui mettent des notes, les élèves réagissent violemment. Car la cause est antérieure. C’est en fait le capitalisme qui est violent car c’est une école de la reproduction de l’injustice sociale ! Ce sont là des dénis de réalité, car existent deux sortes de responsabilité à cette violente : sont impliqués d’une part les parents concernés, et de l’autre une institution à bout de souffle.

D’abord, les parents délèguent souvent à l’école, soit parce qu’ils sont débordés soit par démission, une tâche qui leur incombe : l’éducation de leurs enfants. L’enfant-roi a prévalu depuis Mai 68, et ce fut une catastrophe.

Ensuite, l’institution scolaire a permis l’émergence du prof-copain peu soutenu par sa hiérarchie et exposé aux revendications multiples. Or l’école est faite pour transmettre des connaissances et en vérifier l’acquisition, et cela nécessite quelques conditions de base qui ne sont plus respectées. On veut tellement éviter que les différences intellectuelles ne reflètent des inégalités sociales, qu’on a soumis l’école à des réformes en rafales, qui accentuent les disparités au lieu de les réduire. On augmente le nombre de disciplines au lieu de se concentrer sur l’essentiel. Le dernier avatar de la sottise : pour ne pas manquer le virage numérique, on veut pourvoir les élèves de tablettes cédant ainsi à l’illusion que la technique sera salvatrice.

Malheureusement, il n’existe pas de remède tout prêt. C’est toute une philosophie de l’enseignement qui pêche, une conception de l’être humain qui est absente, une vision de l’héritage qui fait défaut. C’est ainsi qu’il manque le sens de quelque chose qui dépasse l’individu et ses petits plaisirs, une chose qui transcende cet individu et qui demande qu’on la serve.

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