Trump, le salace, ne choque pas plus que ça

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Alors donc, 53% des citoyennes américaines blanches ont succombé au phénomène Trump, ce mâle alpha seul contre tous, même contre son propre parti! Elles ont non seulement voté contre une femme, mais elles ont en plus plébiscité un homme qui méprise les femmes et qui s’apprête à revenir sur le droit à l’avortement.

Comment est-ce possible? Pourquoi toutes ces citoyennes qui aspirent, soi disant, à briser le plafond de verre ne trouvent jamais la championne du jour suffisamment à leur goût? Il ne s’agit certes pas de «voter avec son vagin» comme l’a relevé la sensée actrice Susan Sarandon. Mais alors que des électrices démocrates n’ont pas hésité à snober une candidate du calibre de Hillary Clinton, alliant compétences, expérience, force de travail et de caractère ainsi que sérieux, on n’est assurément pas près d’installer une présidente à la Maison-Blanche.

D’une manière générale, et ça devient fatiguant à entendre, quand les politiciennes accumulent toutes ces qualités… elles ne correspondent plus à l’image qu’on projette des femmes, et elles se voient affublées d’adjectifs bien différents de ceux attribués aux hommes. On parle ainsi volontiers d’experts ayant de l’autorité pour les hommes et de femmes spontanées, hystériques, lunatiques. Voire de maîtresse d’école pour reprendre les reproches adressés autrefois à Martine Brunschwig Graf, unique magistrate à avoir été réélue au Conseil d’Etat genevois avec Micheline Calmy-Rey. Or Hillary Clinton, elle, s’est cette fois-ci fait attaquer de façon autrement plus odieuse, l’ultramacho Trump n’ayant cessé de tenir des propos outranciers et dégradants à son égard; et envers les femmes en général.

Dans notre édition du 12 novembre, la féministe Huguette Junod se déclarait atterrée par la frontière qui vient d’être franchie: «La vulgarité a désormais droit de cité, la parole populiste, raciste, sexiste a été totalement libérée.» Une indécence qui n’a pourtant pas choqué plus que ça nombre de femmes dans les parties oubliées des Etats-Unis. Selon des témoignages relayés dans le dernier Matin Dimanche, des ouvrières vivraient ce genre de fonctionnement masculin au quotidien, leurs collègues ne se privant pas de distiller quantité de coups au-dessous de la ceinture.

Gare toutefois à l’éternelle suffisance européenne! Chez nous aussi, les internautes se lâchent de plus en plus sans limites sur Facebook, Instagram et autres Twitter. Des femmes ne sont d’ailleurs pas en reste en matière de grossièreté. Cette réalité-là, Donald Trump l’a assimilée mieux que quiconque et il a en grande partie fondé sa victoire sur le buzz. Marine Le Pen dispose aussi d’un bataillon de supporters haineux bien ancrés sur les réseaux sociaux pour la mener à l’Elysée. Mais elle reste une femme. Un handicap insurmontable. C’est là la seule bonne nouvelle du moment.

Créé: 16.11.2016, 10h34

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Jocelyne Haller refuse son élection
Plus...