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Taxer les robots pour éviter le chaos

L'objectif d’une taxation des robots n’est pas de pénaliser l’innovation technologique qui secrète la création de richesses. Elle n’est pas une fin en soi. Sinon, pourquoi ne pas taxer les presse-agrumes, les toasters et les aspirateurs? Néanmoins, le partage inéquitable des gains de productivité impose de se préoccuper des conséquences – néfastes financièrement pour la majorité – de la robotisation accélérée que connaît notre économie.

Le législateur doit donc protéger le travailleur car c’est le cadre supérieur et le détenteur de capitaux qui seront les principaux bénéficiaires de ces gains de productivité. La fiscalité robotique doit avoir pour objectif non de ralentir l’innovation ni de saper l’automatisation mais de soulager le salarié qui perdra son emploi en faveur du robot.

La question des questions, d’ordre quasi philosophique, consiste à utiliser la fiscalité afin de mieux répartir la richesse découlant de la robotisation. Elle pourrait se résumer à un véritable changement de paradigme consistant à remplacer le travail par le capital. La seule porte de sortie sera de diriger une grande partie de ce capital vers les travailleurs sinistrés.

C’est à un travail d’équilibriste que seront prochainement confrontées nos autorités car cette taxation des robots (dans un pays donné) ne manquera pas de provoquer une escalade de la compétition fiscale aboutissant à une délocalisation des entreprises vers les nations n’ayant pas (encore) instauré une fiscalité spécifique. Dans un contexte où notre futur immédiat sera peuplé de robots pratiquant des opérations chirurgicales ou noircissant des déclarations d’impôt, ce virage civilisationnel doit être bien négocié afin d’éviter à nos pays de plonger dans le chaos social.

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