La tâche qui attend Zelensky est gigantesque

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L’acteur Volodymyr Zelensky a remporté l’élection présidentielle en Ukraine avec une majorité écrasante sur le sortant Petro Porochenko, ouvrant ainsi une nouvelle page de l’histoire de ce pays.

Des messages de félicitations sont venus de capitales étrangères, comme celui du président français, Emmanuel Macron. Sans surprise, Volodymyr Zelensky remportait donc le second tour, avec 73,2% des voix, et Petro Porochenko reconnaissait sa défaite dès la fin du scrutin.

Cinq ans après la révolution pro-occidentale du Maïdan, réprimée dans le sang, les Ukrainiens ont de nouveau décidé de renverser la table, cette fois-ci au moyen d’élections conformes aux normes démocratiques.

«Je ne vous laisserai jamais tomber!» a déclaré le vainqueur ukrainien depuis son quartier général, avant de s’adresser à «tous les pays de l’espace post-soviétique»: «Regardez-nous! Tout est possible!»

Volodymyr Zelensky représente pour ses partisans une occasion de tourner le dos à une classe politique jugée corrompue et inefficace. Le comédien, adolescent au moment de l’indépendance de l’Ukraine en 1991, a promis d’amener avec lui des personnes «avec une mentalité du XXIe siècle» au pouvoir.

Jamais un président ukrainien n’avait obtenu un tel soutien, et ce n’est que l’un des records remportés par Zelensky, qui devient, à 41 ans, le plus jeune président du pays. Le changement opéré par l’élection de Volodymyr Zelensky est considérable, il est d’abord générationnel: en battant Petro Porochenko, il met fin à la période de pouvoir des politiciens des années 90.

La tâche qui attend Volodymyr Zelensky est gigantesque. «Casser le système», comme il l’a promis, avec la pression constante d’une Russie agressive et déterminée à casser l’Ukraine, sera difficile.

Le nouveau président a peu de temps pour faire ses preuves; il doit réussir vite car les Ukrainiens ne lui pardonneront pas d’avoir manqué à ses promesses et savent changer de président, y compris par des révolutions.

Le choix qu’il fera des membres qui formeront son équipe de gouvernement sera l’indicateur qui permettra d’évaluer les chances de réussite de sa gouvernance. Pour la politique étrangère, il a deux possibilités: l’adhésion à l’OTAN et le rapprochement avec l’UE ou la neutralité. La constante dans cette équation politique, c’est toujours la pression que Poutine exercera sur l’Ukraine.

(TDG)

Créé: 13.05.2019, 10h24

Olivier Védrine, politologue

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