Le swing de l’OSR

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L’Orchestre de la Suisse romande entre ces jours-ci dans son deuxième siècle, en alignant une série de concerts qui tracent des diagonales à travers son identité artistique. Mardi soir, c’est son attachement au XXe siècle et aux pulsations d’aujourd’hui qui a été rappelé au Victoria Hall, avec des pièces d’Honegger, Gershwin, Bernstein et James MacMillian. Cette ligne programmatique a donné des visages distincts à la soirée. Le premier, exigeant, nous a plongés dans l’écriture souvent anxiogène de ce manifeste pacifiste qu’est la «Symphonie N° 3» d’Honegger. La lecture puissante de l’OSR en a souligné toute la charge, avec notamment un «De Profundis clamavi» traversé avec finesse. Ici, comme dans le «Concerto pour trombone» de MacMillian – interprété par un Jörgen van Rijen à la virtuosité époustouflante – on a retrouvé la familiarité de Jonathan Nott avec le répertoire contemporain.

Le deuxième visage du concert? Ce fut celui des swings et de l’insouciance qui traversent «Rapsody in blue» de Gerschwin tout d’abord. Où le pianiste Lucas Debargue s’est amusé en dévalant avec aisance des pentes musicales enivrantes. Et puis il y a eu les danses symphoniques de «West Side Story» de Bernstein, des bulles de bonheur qui ont donné à l’orchestre des allants de big band gourmand. Une soirée achevée dans les ovations et avec le large sourire de Jonathan Nott.

**** (TDG)

Créé: 28.11.2018, 19h44

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