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En surchauffe, le monde politique genevois est au bord de l’explosion

Il y eut, à la fin de 2015, l’épisode du budget 2016 qui marqua, d’une certaine manière, l’apothéose de la déliquescence du fonctionnement politique «à la suisse» dans ce canton. Avec d’un côté un Grand Conseil incapable de dialoguer – et donc de dégager une quelconque majorité pour établir le budget – et de l’autre un Conseil d’Etat qui ne parvient plus à faire passer son message auprès des députés. Résultat: un budget mis sur la touche sans avoir été ni étudié ni négocié correctement.

Mais le pire est que ce fractionnement du monde politique en entités refusant de dialoguer les unes avec les autres ne s’arrête pas là. Presque partout où il regarde, le brave Genevois ne perçoit plus que divisions, gesticulations théâtrales et revirements à l’intérieur même des formations et entre les alliances. Trois exemples.

La cacophonie qui a prévalu durant l’élection du Bureau du Grand Conseil restera ainsi dans les annales. On relèvera surtout l’élection de l’UDC Christina Meissner à la première vice-présidence contre l’avis de son parti (elle a été exclue du groupe UDC) et celle de Magali Orsini, d’Ensemble à Gauche, comme secrétaire, alors que son groupe (enfin, surtout solidaritéS) ne rêve que de la bâillonner.

La guéguerre intestine au sein d’Ensemble à Gauche a du reste resurgi jeudi au Conseil municipal de la Ville de Genève sur le dossier de la laïcité. Elle a pris la forme d’un foulard revêtu par Maria Perez en séance, «pour marquer sa solidarité avec les femmes qui portent le voile». Et surtout pour faire la nique à Pierre Gauthier et Magali Orsini, partisans d’une exclusion totale des signes religieux dans la sphère publique.

Troisième exemple: le revirement complet du MCG sur le «Personal stop» entre novembre et le début de février. Une majorité du Grand Conseil décide une chose et puis une autre majorité fait exactement le contraire deux mois et demi plus tard. Tout cela ne fait pas très sérieux.

Pris séparément, ces éléments peuvent passer pour de simples péripéties auxquelles nous a habitués le théâtre politique genevois. Mis bout à bout, ils dessinent quelque chose de plus inquiétant: la mise en péril de notre modèle politique, basé sur le partage du pouvoir entre plusieurs sensibilités politiques.

Pour que ce modèle fonctionne, il est indispensable, une fois les affrontements verbaux passés, qu’une majorité se crée autour d’un consensus. Mais pour en arriver là, il faut que chacun ravale sa fierté et ses certitudes, généralement au nom de l’intérêt général. Or, aujourd’hui, nos élus sont à mille lieues de cette pratique, qui implique une bonne dose d’humilité.

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