La Suisse peut perdre «la bataille de la vérité»

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Lors du Forum de Davos, l’institut de relations publiques Edelman publie son baromètre annuel de la confiance. Celui de cette année, titrée «La bataille pour la vérité», dresse un constat édifiant. La mauvaise information est «en train de chasser la bonne, comme la monnaie dépréciée finit par éliminer la plus solide, selon la loi de Gresham».

L’ère de la post-vérité et les fake news ont, pour la première fois, fait des médias l’institution la moins fiable de toutes. Aux États-Unis, la confiance dans le gouvernement s’effondre avec elle – les deux étant corrélés – à un niveau inédit depuis la création du baromètre.

En Europe, les médias traditionnels regagnent de manière très marquée (+5%) de la crédibilité

Ce mouvement mondial s’accompagne d’un récent retournement de tendance spectaculaire en Europe. Les médias traditionnels regagnent de manière très marquée (+5%) de la crédibilité, alors que la courbe de confiance dans les infos relayées par les plates-formes et réseaux sociaux baisse.

Au Royaume-Uni, déstabilisé par le Brexit, la foi dans les médias traditionnels est passée en un an de 48% à 61%, alors que celle des plates-formes Internet passait sous la barre des 50%.

En France, l’enquête annuelle du quotidien La Croix montre depuis des années que l’image des médias est très dégradée dans l’opinion. Or, le dernier sondage en date, publié le 23 janvier, marque un regain de confiance dans la radio de 4% (à 56%), de 8% pour la presse écrite (à 52%) et de 7% pour la télévision (à 48%) tandis qu’une défiance envers Internet s’exprime pour la première fois par une baisse de 1% (à 25%).

Dans ce contexte, la Suisse se trouve en double décalage. D’abord, la foi des citoyens dans l’information se situe toujours à un niveau élevé (autour de 55%), selon l’Institut Reuters. Ensuite, son secteur médiatique connaît une dépression inquiétante. La perspective de la suppression de plus d’un quart des effectifs de l’Agence suisse de presse ATS et une baisse prévisionnelle de son chiffre d’affaires de 3,1 millions de francs pour 2018 en est un des signes patents.

Cette crise intervient après une année qui a vu la disparition d’un magazine romand et des regroupements qui préfigurent sans doute de nouvelles coupes dans les rédactions. L’initiative qui veut remettre en cause le financement par la redevance du service public audiovisuel tombe mal. Alors que l’expression de la souveraineté cantonale et des minorités linguistiques pourraient en pâtir, la télévision et la radio suisse vont, quel que soit le résultat du vote du 4 mars, perdre des moyens.

Cette retraite en rase campagne augure mal du tour pris par la bataille pour la vérité dans ce pays. Ce ne serait pas si grave si la confiance des citoyens dans leur gouvernement et celle qu’ils placent dans les médias n’étaient pas étroitement liées selon toutes les études mondiales. (TDG)

Créé: 01.02.2018, 16h58

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