Une soupe populaire menacée

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Genève, 6 février

Depuis de nombreuses années, Manfred, bénévole de la première heure, va récolter les invendus mis à disposition par la Fondation Partage se situant aux Acacias. À son retour au temple des Pâquis, il s’arrête devant l’entrée principale pour décharger les nombreuses et lourdes caisses.

En 2009, la rue est devenue piétonne, accompagnée de son interdiction de circuler. Jusqu’à dernièrement, une certaine tolérance était de mise, d’autant plus que l’opération ne prend que quelques minutes et ne gêne personne. Depuis peu, c’est tolérance zéro. Motif invoqué, la sécurité des écoliers. Une voiture à l’arrêt pour décharger des caisses, sur une large place, presque déserte, le vendredi matin, mettrait en danger les enfants de l’école voisine, alors que les vélos, les trottinettes et les scooters passant à vive allure ne posent visiblement aucun problème, et que dire des nombreuses voitures de police qui l’utilisent comme raccourcis en toute impunité?

Ces tracasseries pourraient à terme décourager les bénévoles qui, non seulement donnent leur temps, mais, en plus, doivent payer des amendes et supporter l’arrogance des forces de l’ordre.

La soupe populaire des Pâquis (Église ouverte) est une association laïque qui est gérée uniquement par des bénévoles et fonctionne tous les samedis de septembre à juin sans aucune subvention, uniquement grâce à des dons privés et à la Fondation Partage qui offre une partie des denrées alimentaires nécessaires.

Église ouverte sert des repas gratuits et des instants de chaleur humaine depuis plus de vingt-cinq ans au temple des Pâquis à toutes celles et ceux qui en ont besoin. La précarité n’est pas une maladie ni un choix. Elle peut nous tomber dessus sans prévenir. Se retrouver avec toutes ses affaires, toute sa maison, tenant dans un sac à dos, je ne le souhaite à personne.

Se battre contre la pauvreté grandissante à Genève est déjà très difficile face à l’ampleur de la tâche et le peu de moyens dont nous disposons. Si, en plus, il faut

subir des tracasseries tatillonnes qui nous empêchent de travailler dans de bonnes conditions par une institution censée être au service des citoyens, il y a un problème, un manque de discernement, d’humanité.

Créé: 10.02.2020, 19h31

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