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Moins de signatures pour en appeler au peuple? Un MCG face à un PDC

Daniel Sormanni, député MCG au Grand Conseil et Bruno Da Silva, président des Jeunes PDC
Daniel Sormanni, député MCG au Grand Conseil et Bruno Da Silva, président des Jeunes PDC

Easynitiative? La Constitution genevoise de 2012 soumet le dépôt d’une initiative ou d’un référendum à l’obtention d’un certain nombre de signatures. La loi constitutionnelle soumise à l’avis des citoyens genevois le 24 septembre propose d’abaisser les seuils requis. Le peuple suivra-t-il la majorité du Grand Conseil défendue par Daniel Sormanni, député MCG au Grand Conseil ou sera-t-il convaincu par les arguments de Bruno Da Silva, président des Jeunes PDC?

Place aux citoyens de Genève!

Daniel Sormanni, député MCG au Grand Conseil

Le 24 février dernier le Grand Conseil a voté une loi constitutionnelle modifiant la constitution de la République et canton de Genève (Cst-GE) (Renforçons les droits populaires) (A 2 00 - 11917). Le Mouvement citoyens genevois (MCG) soutient toute initiative, loi ou autre projet visant à renforcer les droits des citoyens, car le MCG est l’expression des citoyens de ce canton.

Il est important que les citoyens de notre canton puissent être impliqués, consultés dans les décisions du Grand Conseil, hors depuis l’adoption de la nouvelle constitution, le nombre de signatures pour les initiatives et les référendums ont augmenté et sont de plus adaptés (augmentés) chaque année, en fonction de la démographie, freinant considérablement les possibilités de consulter les citoyens.

Or à Genève le nombre de signatures requises est largement plus élevé que dans certains cantons, notamment Zurich et Bâle-Ville, sans que ces cantons soient paralysés par des initiatives et des référendums qui seraient trop nombreux. Plusieurs initiatives, issues de milieux différents, ont échoué et n’ont pas réussi à récolter le nombre de signatures nécessaire, ces derniers mois, montrant par là même la difficulté croissante pour l’exercice de ce droit populaire fondamental.

Dans ces conditions, vu les blocages, le manque d’écoute des députés sur des problématiques chères à notre mouvement, il est primordial de pouvoir faire appel aux citoyens. Ce n’est pas le référendum facilité sur les sujets fiscaux et de droit des locataires qui peut remplir ce rôle démocratique, car il écarte les autres sujets et n’est pas applicable aux initiatives évidemment.

L’égalité et l’équilibre entre les partis, mouvements, associations n’est pas garantie aujourd’hui, car chacune n’a pas la même capacité à récolter les signatures, car de force militante inégale et de force financière fortement différente. Il faut donc veiller à équilibrer les forces pour garantir un bon exercice des droits populaires nécessaire à l’équilibre de notre démocratie.

Trop de démocratie tue la démocratie

Bruno Da Silva, président des Jeunes PDC

«Renforcer les droits populaires». Que de noblesse et de belles intentions dans un sujet de votation! Il semblerait étrange que quiconque (pour autant qu’il s’agisse d’un démocrate…) puisse s’opposer à un tel projet, tant il est évident que nos droits populaires, si uniques et précieux lorsque comparés à ceux des autres populations dans le monde, doivent être protégés, chéris et consolidés. Et pourtant! Dans l’histoire de notre démocratie, bien des sujets de votations se sont montrés attirants par le nom et finalement terriblement mauvais par leurs conséquences… En voici un autre exemple.

En prétendant vouloir augmenter les droits populaires, les initiants contribuent ici à affaiblir encore plus notre système et ses institutions. En effet, un abaissement du nombre de signatures pour une initiative aurait pour effet de multiplier les sujets lors des scrutins et de rendre encore moins compréhensibles les enjeux sur lesquels la population doit se prononcer.

Il n’est pas raisonnable de demander à la population de se prononcer en une seule fois sur un très grand nombre de questions, comme ce fut le cas le 5 juin 2016 pour les Genevois qui ont dû se positionner sur pas moins de 13 sujets!

Multiplier les sujets c’est aussi prendre le risque de compliquer encore plus leur traitement au Grand Conseil et de retarder le travail de nos députés. Députés, qui justement sont élus par et pour le peuple en ayant la mission de légiférer et d’organiser les affaires du canton! Lorsque l’on voit aujourd’hui le retard pris dû à la multiplication des objets à traiter, est-il intelligent de vouloir alourdir encore plus notre appareil institutionnel? Pire, lasser nos citoyens?

Notre démocratie n’a pas besoin d’un abaissement du nombre de signatures, elle a besoin de sérénité pour que nos institutions fonctionnent bien. La population n’a pas besoin de voter sur 50 sujets à chaque fois, mais plutôt de clarté et d’une offre de véritable vision politique. Si l’on veut réellement renforcer nos droits populaires, il faut mieux y sensibiliser la population, mieux l’informer, notamment nos jeunes avec des vrais cours d’éducation citoyenne à l’école. En aucun cas cette initiative ne vient résoudre les problèmes actuels… au contraire, elle les aggrave!

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