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Il ne s'agit pas de recatholiciser la cathédrale

Le samedi 29 février, une messe catholique sera célébrée à la cathédrale Saint-Pierre, un événement significatif pour les chrétiens de Genève et même au-delà. C’est une étape constructive de l’œcuménisme genevois, et un témoignage alors même que le christianisme est en crise dans certains pays européens.

Cette «première» depuis la Réforme (1536) sera possible grâce à l’invitation de l’Église protestante de Genève, et c’est surtout le signe d’une entente fraternelle. Les deux Églises travaillent ensemble dans beaucoup de domaines pastoraux, tels que les aumôneries (hôpital, prison), la catéchèse des enfants, l’accompagnement des personnes en précarité, la solidarité avec le tiers-monde, sans oublier les célébrations en commun à diverses occasions en cours d’année. Cela correspond également au grand nombre de couples mixtes bidénominationnels à Genève. L’appartenance ecclésiale n’étant plus, comme dans le passé, un obstacle pour fonder une famille animée par des valeurs chrétiennes.

On peut y voir encore un pas en avant vers l’avenir, dans la marche progressive vers l’unité (et non pas l’uniformité) des chrétiens. J’avais eu l’opportunité, il y a un certain nombre d’années, lors de la célébration d’un mariage mixte à la cathédrale, de prêcher depuis la chaire de Calvin à la suite du pasteur qui m’y avait invité. J’ai aussi, longtemps, célébré la messe au temple de Montbrillant durant les travaux à l’église voisine Saint-Nicolas-de-Flue.

Le 29 février, je serai participant à cette messe qui, pour moi, n’est pas une intrusion, puisque l’esprit de concurrence en est absent, mais un temps fort, un tournant intercommunautaire, comme cela se passe à Lausanne. Il ne s’agit pas de recatholiciser ce mémorable lieu de prière réformé du patrimoine genevois, mais de s’adresser tous ensemble au même Christ qui désire nous voir annoncer son message en parlant d’une même voix dans une société en perte de valeurs spirituelles.

L’œcuménisme n’est pas optionnel, rappelle-t-on souvent dans les temples et les églises. Mais cet appel se heurte à des résistances dont certaines peuvent se comprendre au vu des aléas de l’histoire. Cependant, sans rien renier des identités ecclésiales et de leurs acquis spécifiques, c’est la Parole de Dieu qui doit être placée au centre de nos débats, y compris dans nos options éthiques différenciées.

Les catholiques, les protestants et les orthodoxes pensent et agissent à travers leurs traditions historiques.

Face aux grands défis qui se présentent à nous, il semble vital de se ressourcer ensemble à la même tradition biblique, à l’anthropologie hébraïque dont nos Églises sont issues. Sachant d’où nous venons pour dire où nous allons, nos chemins devraient converger vers l’unique Essentiel.

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