Privilégier le train nous oblige…

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L’éveil d’une conscience écologique plus marquée dans de nombreux pays européens nous interpelle. Surtout quand elle émane des plus jeunes d’entre nous et qu’elle tend à modifier nos habitudes de transport pour préserver notre planète. Limiter ce débat au simple choix entre l’avion, la voiture et le train, par l’entremise d’une taxation plus contraignante sur les billets d’avion ou le kérosène, voire d’une suppression des vols domestiques, serait trop restrictif.

Rares sont ceux qui ne savent pas que le train est écologiquement plus vertueux que l’avion ou la voiture. Entre Genève et Paris, le TGV rejette 22 fois moins de CO2 que l’avion et émet 28 fois moins de gaz à effet de serre que la voiture. Mais une fois ce constat posé, qu’en est-il vraiment dans l’esprit des consommateurs? Essayons d’élargir notre réflexion.

L’alliance CFF-SNCF, qui préside aux destinées de TGV Lyria, n’a pas attendu cette prise de conscience pour prendre des engagements concrets. À titre d’exemple parmi d’autres, le courant 50 Hz utilisé par les CFF provient à 90% de sources renouvelables. D’autre part, considérant qu’un voyage en train s’effectue de porte à porte, le parcours des clients doit être envisagé dès leur domicile. Nous savons que le Léman Express mettra 80% de la population genevoise à moins de 1,5 kilomètre d’une gare.

D’où la nécessité d’imaginer le meilleur moyen de rejoindre une gare sans alourdir son bilan carbone. Les CFF ont lancé la mobilité partagée dans plusieurs gares romandes. Des réseaux de vélos, de trottinettes ou de scooters électriques en libre-service sont en outre proposés à Zurich, Bâle ou Berne. En France, «l’Assistant SNCF» permet maintenant de construire son trajet de bout en bout en combinant plusieurs modes de transport, avec un identifiant unique pour les réserver.

Reste la question, centrale, du prix. Si des conditions avantageuses ont permis à l’aérien de proposer une offre low cost, le train a fait des efforts importants pour s’aligner. Rejoindre Paris par le rail coûte cet été 57 fr., un prix largement disponible jusqu’à quinze jours avant le départ.

Posons-nous alors la bonne question: le train pourra-t-il absorber dans de bonnes conditions un transfert de passagers venant de l’aérien? Pour TGV Lyria, la réponse est oui. Nous avons investi dans une flotte à deux étages pour offrir 30% de sièges supplémentaires entre la Suisse et Paris dès 2020. Rien qu’au départ de Genève, cette augmentation atteindra 54%!

Nous faisons un choix stratégique très clair: miser sur une augmentation du trafic avec des prix plus compétitifs. Chacun doit prendre ses responsabilités face à l’urgence climatique. Nous devons mériter cette préférence pour le train et l’accueillir avec des moyens appropriés.

Créé: 11.07.2019, 17h02

Fabien Soulet CEO de TGV Lyria

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