Premier effet du 9 février: encore plus d’étrangers

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Le 9 février 2014, une majorité de Suisses a choisi de limiter l’immigration comme le lui demandait l’UDC avec son initiative. L’évolution démographique du canton de Genève refuse toutefois de se plier à ce diktat. En 2014, la croissance de la population résidante a même été la plus forte depuis les années soixante: +8344 personnes, soit une augmentation de 1,8%. Et c’est évidemment le solde migratoire qui constitue la principale raison de cette croissance (78% du total).

Soyons précis, il ne s’agit pas d’une conséquence directe du 9 février, mais d’un simple ricochet. Le dispositif légal qui doit mettre en musique l’initiative UDC est loin d’être décidé, et ne sera appliqué qu’en 2017. Il y a toutefois un lien entre les deux événements, comme l’a souligné le conseiller d’Etat Pierre Maudet en présentant cette semaine les statistiques genevoises. Ce lien, c’est la crainte provoquée par le 9 février parmi les étrangers déjà établis.

La preuve? Si le solde migratoire 2014 est nettement plus élevé que celui des années précédentes, cela est dû essentiellement au faible nombre de personnes qui ont quitté le canton. Il est d’un quart inférieur à celui de 2013. En clair, je suis dans la place, je ne bouge plus si je ne veux pas prendre le risque de ne jamais pouvoir revenir.

En réalité, l’immigration étrangère est en forte baisse par rapport à 2013 (–20%). Ce qui peut laisser supposer un ralentissement de l’activité économique. Un phénomène relatif puisqu’on dénombre tout de même 24 388 personnes arrivées d’un autre canton ou de l’étranger.

Ainsi, l’initiative de l’UDC produit bien involontairement un effet contraire au but recherché. On pourrait aussi lui imputer en partie la constance du nombre élevé de nouveaux travailleurs frontaliers ces derniers mois. Devant le risque de ne plus pouvoir engager d’ici deux ans, des employeurs choisissent d’anticiper pour ne pas se retrouver le bec dans l’eau. Bien entendu, ces phénomènes sont passagers puisque liés à la période transitoire. Mais ils révèlent des comportements qui pourraient se répéter lorsque le système des quotas sera mis en place.

Première règle, un individu cherche à satisfaire son intérêt propre, qui consiste notamment à trouver un travail. Seconde règle, si une entreprise a besoin de bras, elle les trouve. D’une manière ou d’une autre. Conclusion: si l’économie suisse a besoin de forces vives après 2017, des gens viendront pour occuper ces emplois, quitte à travailler au noir. Il n’y aura donc pas forcément moins d’étrangers en Suisse, mais ils vivront plus mal.

Créé: 18.06.2015, 20h39

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