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La politique du logement en cause

En 2006, les principaux acteurs de la politique du logement de notre canton ont signé un accord historique conclu sous le patronage éclairé du conseiller d’État Mark Muller.

Depuis lors, la construction de logements dans notre canton n’a cessé de progresser, atteignant des chiffres que l’on croyait révolus depuis plusieurs décennies. Si notre canton parvient ainsi à mieux à loger ses actifs, il conserve de la substance fiscale et évite d’aggraver encore les problèmes de mobilité endémiques qui doivent beaucoup au trafic pendulaire de personnes logées loin de leur lieu de travail.

Après plus d’une décennie, l’heure du bilan a sonné et le Conseil d’État a rendu un rapport contestable et contesté, justifiant à ses yeux de mettre tout le dispositif cul par-dessus tête avec également un projet de loi déposé dans la foulée au printemps 2017.

Or, c’est ce projet qui vient d’être rejeté par une solide majorité du Grand Conseil, qui a préféré privilégier le maintien des fondements de l’accord historique de 2006. Cette décision responsable et raisonnable marque la volonté de poursuivre dans la voie tracée et de capitaliser sur les avantages induits en termes de mobilité, d’aménagement, de fiscalité, de prospérité.

Le dispositif est certes de qualité, mais il est perfectible et de vraies négociations entre partenaires auraient permis l’adoption d’un projet plus consensuel. Il aurait fallu pour cela que le Conseil d’État intègre la notion élémentaire de concession.

Il a préféré tenter le passage en force. Que n’a-t-on pas entendu de sa part pour justifier ce projet de loi… Il devait servir de contre-projet à une initiative populaire. Or, celle-ci a été jugée illégale. Qu’à cela ne tienne, il fallait alors loger la classe moyenne. Une étude démontre que la classe moyenne veut surtout devenir propriétaire? Il suffit de la passer sous silence… J’en passe et des meilleures, dont, heureusement, le Grand Conseil n’a pas été dupe.

Pour avoir participé à toutes les discussions qui ont eu lieu dans ce cadre, je reste abasourdi par cette incapacité à négocier, comme une sorte d’illusion d’infaillibilité ou une peur panique de perdre la face.

Les métiers du bâtiment ne s’en réjouissent pas, mais convaincus que la leçon aura porté, leur main reste tendue. Le moment est bien choisi, à l’heure où la population genevoise est appelée à voter le 24 novembre prochain sur une autre initiative (IN 162) au titre très trompeur et qu’il faut donc absolument refuser. Il s’agit en effet de quitter cette logique combative et très loin des besoins des gens qui veulent se loger pour entrer dans une logique de répondre à la demande.

M. A. Hodgers, qui, de par sa très forte implication personnelle dans ce dossier, vient d’essuyer un échec rarissime pour un conseiller d’État, saura-t-il maintenant saisir cette occasion et, comme son prédécesseur, œuvrer à la conclusion d’un véritable nouvel accord sur le logement? Genève et sa région le méritent!

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