Plaidoyer pour nos noms de rues

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Genève, 23 février

Il est normal et absolument nécessaire que des rues soient attribuées à toutes les femmes citées par votre article du 21février, mais pas au détriment d’autres personnalités «mâles» [...]. Ces hommes ont marqué leur époque, c’est normal qu’ils soient considérés et non rejetés. Notre devoir du XXIesiècle est d’être solidaire du passé de la République.

Sacrifier la rue Jean-Violette (un aimable poète, compagnon de Pauline Carton), la rue René-Louis-Piachaud (un des plus grands poètes genevois et grand traducteur de Shakespeare), la rue David-Dufour (modeste maraîcher mais quand même fondateur de la Société d’horticulture), c’est, à mes yeux de promeneur de ces rues, un acte impie.

Et que dire de l’abandon d’une rue dédiée à un célèbre compositeur comme Frank Martin pour la donner à une violoniste méritante, mais, s’il vous plaît, à un autre endroit. Il y a là comme un fâcheux «contre-ut» [...] Marcelle de Kenzac serait fière d’avoir une rue à son nom, mais elle serait outrée de voir la place du Cirque sacrifiée (hommage au Cirque Rancy à la place du défunt Apollo, devenu depuis le cinéma Arditi) [...]. Il y a des rues trop longues pour exister, par exemple la rue de la Servette pourrait être scindée, idem pour la rue Liotard, la rue du Grand-Pré ou l’avenue de Champel. Par exemple, toutes les rues coupées par une transversale et continuant sans raison apparente, par exemple la rue Bovy-Lysberg, qui pourrait être partagée avec Maggy Breittmayer, régicide involontaire de Frank Martin. La rue Jean-Violette est anormalement longue. Elle a peut-être été attribuée en partie à Grisélidis Réal, ce qui dans ce cas aurait été mal expliqué à la presse, ce qui ne m’étonnerait pas outre mesure. [...] Et juste pour lancer un petit pavé concernant les hommes oubliés, il manque des rues Michel-Viala, Yves-Sandrier, Georges-Haldas, Bernard-Haller, et des rues Isabelle-Villars, Colette-Jean, Hélène-Biolley, ces femmes oubliées par la Municipalité.

Amis lecteurs, si vous lancez par sagesse une initiative pour ne point toucher à la mémoire des lieux visés, je la signerai illico. À moins que la Commission cantonale de nomenclature (CNN) ne fasse preuve de lucidité, soyons optimistes [...].

Denis Gardon

Créé: 24.02.2020, 20h52

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