Plage des Eaux-Vives: et maintenant, faut-il payer?

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Plus de cinq ans après le vote du parlement, le projet de plage des Eaux-Vives semble être en bonne voie. C’est en tout cas ce qui ressort de l’accord entre l’Etat et le WWF, dont la communication n’a cessé d’être repoussée, qui a «fuité» dans la presse cette semaine, court-circuitant l’annonce officielle prévue en juin. Après le bras de fer légal, dont la longueur est liée à la sidérante lenteur de la justice fédérale, l’heure est au bilan intermédiaire.

Qui de l’Etat ou du WWF l’a finalement emporté? L’organisation écologiste a obtenu une réduction de moitié de l’emprise de la plage sur le lac. Mais on est loin néanmoins de sa solution favorite, qui prévoyait la pose de simples pontons pour protéger les fonds lacustres, dont elle juge l’intérêt inestimable. En fait, le principe d’une adaptation lourde d’un milieu «naturel» en zone urbaine à l’usage humain vient d’être réaffirmé. Et c’est tant mieux. Voilà qui ouvre de plus des perspectives pour d’autres aménagements, comme celui des bords de l’Arve auxquels les communes riveraines pourraient penser un jour.

La question de «la douloureuse» est maintenant posée. Même si Luc Barthassat se dit confiant, la question du financement du chantier est problématique. A la fin de 2009, un Grand Conseil enthousiaste votait 61 millions sur le siège. Mais entre-temps, la conjoncture n’est pas allée vers le beau. D’autre part, le frein à l’endettement a été renforcé en 2013 et pourrait encore être durci par le parlement. Alors que le cycle du Renard tombe en morceaux, que l’Uni Bastions est dans un état lamentable et que le Conseil d’Etat a souligné, pas plus tard qu’en présentant ses comptes 2014, qu’il allait revoir la liste de ses investissements à venir, la pertinence de la réalisation actuelle de l’aménagement se pose. D’autant plus si on veut que le projet soit prêt en 2019.

Mais il n’est pas certain que la plage passe à la trappe. Financièrement, on peut parfaitement imaginer que d’autres projets soient repoussés, tel le développement pénitentiaire genevois, qui coûte le lard du chat (289 millions minimum pour les Dardelles). Reste que pour justifier l’aménagement aquatique, il faudrait amener des arguments plus sérieux que l’appétence grandissante des Genevois pour l’eau. Par exemple lier, en collaboration avec la Ville et Genève Tourisme, l’aménagement projeté à un vrai concept de promotion de la Genève de demain, axé autour de la culture, de la qualité de vie et de l’industrie haut de gamme.

Sur ce dernier point, on rêve! Car loin de ces considérations, le principal motif de réalisation de la plage risque tout bêtement d’être lié à l’année de son inauguration. 2019 sera en effet une année électorale pour le Canton.

Créé: 09.04.2015, 19h13

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