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Petites trahisons entre amis en pleines élections fédérales

Patrick Monay observe le phénomène de la personnalisation en politique.

«Tu votes pour un parti ou pour des personnes?» La question s’est invitée dans les conversations cet automne, comme avant chaque échéance électorale. Nombreux sont ceux qui répondent en parlant de listes modifiées et de panachage, au gré des candidats qu’ils apprécient et connaissent – ou croient connaître – le mieux. On biffe à qui mieux mieux, on rajoute des noms, on compose sa propre liste en faisant parfois fi des logiques partisanes.

Bien sûr, le tsunami vert qui vient de balayer toute la Suisse semble contredire cette tendance. En pleine crise climatique, les électeurs se sont tournés plus massivement que jamais vers les formations écologistes. Il n’empêche, cet attachement aux individus qui briguent une élection, au-delà de leur étiquette politique, se manifeste toujours davantage dans notre chère démocratie directe. Et rappelle que la chose publique est une affaire d’hommes et de femmes (ou l’inverse…) tout autant que d’idées et de programmes.

C’est ce qui explique l’agacement provoqué, à Genève, par les désistements qui ont fait suite à l’élection du Conseil national. Deux candidats d'Ensemble à gauche ont successivement renoncé à leur mandat à Berne. D’où la désignation de Stefanie Prezioso, arrivée en troisième position. Laquelle a vainement tenté d’éteindre la polémique en affirmant que ce siège avait été obtenu «par tout un mouvement» et non par une personne en particulier.

«La chose publique est une affaire d’hommes et de femmes tout autant que de programmes»

Rebelote il y a quelques jours chez les Verts genevois. Invoquant des raisons personnelles, le député Pierre Eckert a décliné l’opportunité de siéger au National en remplacement de Lisa Mazzone, élue au Conseil des États. Là encore, bon nombre d’électeurs se sont sentis trahis. À quoi bon se porter candidat si l’on sait d’emblée qu’on n’acceptera pas la charge qui est en jeu? Les intéressés répondent qu’ils s’engagent pour faire profiter une liste de leur notoriété. Mais cette ligne de défense souligne toute l’ambiguïté de la démarche: comment, dès lors, attendre des électeurs qu’ils se prononcent en priorité pour un parti?

De toute évidence, la personnalisation de la politique a de beaux jours devant elle. Ce n’est pas Johanna Gapany qui dira le contraire: la jeune et brillante candidate PLR au Conseil des États (31 ans) a vu sa cote grimper en flèche après la diffusion sur RTS1 de «C’est ma Suisse», une émission au côté «people» assumé. Dimanche dernier, elle est parvenue à déboulonner un sénateur expérimenté, le PDC Beat Vonlanthen, pour 130 suffrages seulement.

Les libéraux-radicaux genevois en savent aussi quelque chose. À l’image du bouillant conseiller national Christian Lüscher, ils imputent leurs récentes défaites dans les urnes au grand absent de ces élections fédérales: Pierre Maudet. Le conseiller d’État s’accroche au pouvoir depuis plus d’un an, malgré le poids de ses mensonges au sujet d’un voyage tous frais payés à Abu Dhabi. Ses ex-admirateurs, les sympathisants PLR, ont toutes les peines du monde à le lui pardonner. Et le font payer cher à leur propre parti.

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