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Le concours d’idées est une opportunité pour la rade de Genève

La rade est la vitrine de la ville à travers le monde, son monument urbain. Elle constitue l’image de la Genève sur l’eau, reflet des rapports séculaires que la ville tisse avec l’émissaire du Léman. Depuis le XIXe siècle, son statut change. Elle vit une longue mutation de sa condition uniquement portuaire vers un espace public où tous veulent avoir accès.

L’histoire du développement de la ville nous dévoile l’attachement des Genevois à ce lieu d’exception. La morphologie de la rade est issue des grandes mutations urbaines initiées par les travaux du général Guillaume Henri Dufour, symbole de la refondation du centre de la Vieille-Ville vers les rives du lac, le «temenos» d’après la formulation d’André Corboz.

Ce retournement de la ville sera poursuivi par Leopold Blotnitzki, contemporain de la ceinture fazyste, qui prévoyait dans le plan général de 1858 de compléter le développement urbain au bord des rives par la jetée des Eaux-Vives et des Pâquis. Ces dernières articuleront un espace portuaire protégé du courant lacustre aux allures unitaires et confirmeront le lac comme centralité. A la fin du XIXe siècle, les quais furent marqués par de successifs courants d’embellissements dont le projet lauréat de Joseph Marshall. Il offrit à la rade le panache que réclamait l’événement de l’exposition nationale de 1896. Grâce à ce projet, des éléments de rotondes, des candélabres «à la vénitienne», des parterres de fleurs et du mobilier urbain vinrent adoucir et à la fois enrichir le dessin fazyste des quais.

De nos jours, la façade urbaine formant l’écrin construit de la rade, ses parcs riverains, ses allées de platanes, ses dispositifs d’aménagement, ou encore son système d’éclairage constituent un patrimoine unique à valoriser. De manière allégorique, les quais sont les griffes qui sertissent le joyau de la cité.

Paradoxalement à leur histoire, les quais sont depuis quelques décennies figés. Depuis l’arrivée de l’automobile, l’écart entre leurs fonctions et la volonté d’un rapport plus étroit avec le lac ne cesse de grandir. Devant cette «paralysie», les usagers se sont appropriés de manière instinctive les rives et les berges de la ville. La concentration de programmes du site déborde parfois la capacité des quais qui deviennent alors la scène d’une organisation trop complexe.

Le concours d’idées qui sera rendu public en mai est une opportunité de réorganiser la rade de manière harmonieuse afin de valoriser ce paysage culturel d’exception. Il est possible de mettre en synergie les programmes de manière logique afin d’éviter de les confronter. Les pêcheurs de la rade, la Neptune ou encore le quai Fleuri sont autant d’exemples de vitrine du patrimoine lacustre à magnifier de manière durable. Les projets du concours devront, à mon sens, se fondre dans le paysage actuel plutôt que de s?affirmer en tant que singularité. Ils devront s’enraciner dans un continuum culturel et porter un soin particulier à la sauvegarde patrimoniale de ce lieu emblématique.

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