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Mobilité à Genève: l’heure du putsch!

Drôle d’été. Genève a vécu le pire et le meilleur. La canicule d’un côté, l’effet rafraîchissant de la plage des Eaux-Vives de l’autre. Genève, cité du paradoxe. Quand rien ne va plus, que la chaleur devient étouffante, que les polémiques deviennent bloquantes, que les institutions semblent sur le point d’imploser sous la pression des scandales, de petites lucioles d’espoir s’allument.

Prenons l’annonce de ce début de semaine. Les Exécutifs de la Ville et du canton ont présenté ensemble (miracle) un projet d’aménagement de la rade, en particulier de la Rive droite, qui tient parfaitement l’eau. Excellent contre-exemple à servir à ceux qui prétendent que Genève recule depuis quinze ans. Ne se souviennent-ils donc pas de la grotesque chronique des ferrazzinettes, barcelonnettes et autres édicules qui a alimenté les années 2004 à 2010?

Avec la plage des Eaux-Vives ouverte en juin, on a changé de dimensions. Elle offre des perspectives complètement inédites de la cité et nous propose une autre manière de vivre l’été à Genève. La plage, née laborieusement, s’est imposée comme une évidence. Et voilà qu’on se met à croire que le «Plan rive droite» pourrait se concrétiser au pas de charge. Genève change d’allure, elle devient chaleureuse, ouverte sur l’eau, presque méditerranéenne, image qui tranche avec la froideur qu’on lui prête.

D’autres projets qui transformeront radicalement la cité sont en voie d’achèvement, comme l’ensemble de la Nouvelle Comédie à la gare des Eaux-Vives. Certains, non moins imposants, sont encore à l’état de plans. Si la Cité de la musique, qui a obtenu un spectaculaire soutien privé, ou le portail des Nations se concrétisent, le quartier de l’ONU en sortira lui aussi transformé.

Cette vertueuse dynamique est rendue crédible par un puissant accélérateur: le Léman Express, inauguré en décembre prochain. On l’a dit mille fois, c’est la colonne vertébrale qui structurera la région. Un axe sur lequel viennent se brancher d’autres projets, qu’ils soient immobiliers (logements) ou mobiles (trams).

Mais le CEVA ne suffira pas. Genève doit redéfinir ses priorités et surtout passer à l’acte. Il y a les évidences: 1) Mettre la briquette pour réaliser les projets de trams subventionnés par Berne (120 millions dans le cadre du projet d’aglo 3), au risque sinon de perdre cette aide. 2) Mettre en œuvre sans délai la priorité des TPG sur les voitures, soutenue par une loi votée par 69% des Genevois en 2016. 3) Mettre en place, enfin et vite, des systèmes de mobilité (type vélos en libre-service). Genève est sans doute la dernière ville de sa taille à en être dépourvue. À part les trott’ et e-bikes, il existe d’autres formules à tester. 4) Plus difficile: limiter les parkings publics et d’entreprises gratuits ou à long terme sans créer d’émeute. 5) Crucial, mais qui demande un surplus de courage politique: renoncer définitivement à la traversée du lac et à tout autre projet routier d’envergure.

Nos modes de vie et la technologie la rendent obsolète, sachant qu’elle n’a aucune raison d’être achevée avant 2040, voire 2050.

Jamais, dans l’histoire récente, contexte ne fut plus favorable pour lancer un putsch de la mobilité. L’engagement face au changement climatique, la digitalisation de nos existences, les technologies de transport développées dans nos hautes écoles incitent à tenter le grand bond en avant qui, seul, permettra à Genève de rattraper son retard. Les signaux sont au vert. Il y en a un qui ne trompe pas. Le Conseil d’État s’est ouvertement interrogé en cette fin d’été sur l’utilité d’une traversée. Excellent début. Un électrochoc pour une partie de la droite, mais un acte libératoire pour Genève.

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