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Mobilité à Genève: condamnés à attendre?

Comparativement à Bâle, Zurich ou Berne, notre agglomération – qui est pourtant en train d’atteindre le million d’habitants – se trouve dramatiquement sous-équipée en transports. Non pas d’abord en nouvelles routes, qui, sans insertion dans une systématique, ne sont que des palliatifs, mais en axes performants de transports publics.

Le réseau ferré tout d’abord. Squelettique, avec, pour seules évolutions en un siècle, la fermeture de la liaison du pied du Jura et la perspective d’une ouverture prochaine du CEVA. Victime des surcoûts et des recours égoïstes, la date en reste incertaine. Alors que la S-Bahn zurichoise compte près d’une trentaine de destinations, pas d’autres lignes en vue…

Et le réseau de trams? Au lieu d’avoir été modernisé comme à Berne, Zurich ou Bâle, et même Neuchâtel, il a été démantelé à un rythme effréné. Ainsi, en 1946, c’était la fin de la desserte du Grand-Saconnex, en 1950 du Grand-Lancy, en 1951 de Perly, en 1952 de Croix-de-Rozon, en 1956 de Veyrier, en 1957 de Frontenex, en 1958 d’Hermance et de Sécheron, en 1959 d’Annemasse et de Vernier, en 1961 d’Onex et de Bernex, et en 1969 la ligne de Ceinture bouclait sa dernière boucle. Tout cela a été remplacé par des bus brinquebalants censés mieux se fondre dans la circulation – qui a eu vite fait de les engloutir. Il faut dire qu’à l’époque, on ne parlait pas d’usagers et encore moins de clients, mais de «captifs», soit ceux qui, sans permis de conduire ni voiture, n’avaient pas d’autre choix.

Certes, depuis trente ans, à partir de la dernière ligne subsistante (8 km), 25 km de nouvelles dessertes ont vu le jour: Sécheron-Nations, Carouge-Palettes-Grand-Lancy, Acacias, Meyrin, Onex-Bernex. Il en faudrait largement le double. Certes, la loi sur le réseau des transports publics énumère des destinations à atteindre d’ici à 2030: Bernex-Vailly, Saint-Genis, Saint-Julien, Ferney. Mais on est en retard pour l’ensemble des projets, et pour Ferney, ce sera plutôt un «bus à haut niveau de service». Seul chantier lancé: celui d’Annemasse. D’autres liaisons sont «possibles» pour après 2030, ainsi vers Vésenaz, Le Lignon ou les Communaux d’Ambilly. A ce jour, le rythme d’extension du réseau de trams est ainsi de… 800 m par an, un impressionnant record de lenteur!

Mais la lenteur est aussi celle des parcours. Rien à voir avec ce qu’on peut voir à Lyon ou à Strasbourg. A Genève, même destin pour tout le monde devant des feux dont les programmateurs semblent avoir perdu les clés – une voiture avec un seul passager (la norme) ou un tram avec plus de deux cents personnes. On attend patiemment son tour, jusqu’au feu suivant. Généralement non coordonné. Les témoignages des pendulaires dans la TG du 19 juillet sont édifiants. Et alors que, durant des décennies, le sujet des transports divisait et passionnait, une sorte de résignation s’est emparée d’une population qui, réduite à la débrouille quotidienne, n’y croit plus. En 2030, nous serons 150 000 personnes de plus dans l’agglo – même beaucoup de «débrouille» n’y suffira plus du tout!

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