Mesures écolos: il faut sortir de l’ornière

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Depuis quinze jours, la France vit une crise de nerfs de première grandeur à la suite à l’augmentation des prix des carburants à la pompe, augmentation liée à celle des prix du marché et aux taxes carbones lancées en 2014. Sur le papier leurs objectifs sont largement partagés, puisqu’il faut casser la consommation des carburants fossiles, en particulier du diesel dont la nocivité est avérée. Mais le gouvernement a beau dire, une taxe, même «vertueuse», reste une taxe et pèse sur les revenus, sans distinctions ni des moyens des consommateurs, ni des motifs de leurs déplacements. Bref, justice sociale, écologie et fiscalité ne font pas bon ménage.

Sans aller jusqu’aux convulsions françaises, le même écart entre les discours et les actes s’observe à Genève. Lors du dernier Grand Conseil, un projet d’incitation à l’achat de véhicules électriques faisant passer la durée d’exonération d’impôt de trois à six ans est passé à la trappe. En revanche, un autre projet a passé. Il vise à instaurer des vignettes selon le caractère plus ou moins polluant des véhicules. En fonction des pics de pollution, ceux-ci pourraient être interdits de circulation au centre-ville. Intéressant? Oui, mais un référendum ou un recours pourraient tenter certains milieux. Au-delà de la querelle idéologique sur l’accession du centre-ville, modulable et provisionnelle ou éternelle et totale, ce sont à nouveau les pratiques anciennes et les nécessités écologiques nouvelles qui s’affrontent.

Désespérant? Bien sûr, vu les conséquences médicales de la pollution, les plaintes récurrentes des habitants liées au bruit du trafic, le réchauffement climatique. Le paradoxe, c’est que malgré ces blocages, la situation évolue positivement. À Genève, la consommation globale d’énergie stagne malgré la hausse du nombre d’habitants et les émissions CO2 diminuent. Ainsi, selon l’Ocstat, en 1980, Genève émettait 2 094 405 tonnes de carbone, contre 1 617 267 aujourd’hui. La consommation par habitant d’électricité, de mazout et d’essence diminue particulièrement. Seule celle de gaz augmente.

Faut-il «laisser faire, laisser passer» pour tout résoudre? L’inaction ne suffira pas à atteindre les objectifs de la société à 2000 watts. Ses objectifs sont pour le moins ambitieux, puisqu’ils visent à diviser la consommation d’énergie par trois et à fournir les trois quarts de la part subsistante par les énergies renouvelables d’ici à 2050. Étape sur le chemin, la loi fédérale sur le CO2 vise à réduire d’ici à 2035 la consommation d’énergie de 43% et d’électricité de 13%. Il y a du pain sur la planche. Mais on n’arrivera au but qu’en démontrant de manière tangible à la population et aux entreprises qu’elles bénéficieront concrètement de leurs efforts, par exemple en recevant une allocation directe financée par les sommes des nombreux impôts et taxes pesant sur la consommation d’énergie. (TDG)

Créé: 28.11.2018, 08h54


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