Menacés, les Verts doivent enfin redevenir visibles

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La notion typiquement écologiste de développement durable semble ces dernières années s’appliquer assez mal aux Verts. Phénomène des années 90 et du début du IIIe millénaire grâce à sa progression très régulière, le parti est depuis 2011 en perte de vitesse. Au dernier baromètre électoral de la SSR, il reculait encore de 0,9 point dans les projections pour les élections fédérales de l’automne. Autre exemple: à Zurich, les Verts sont ressortis «lessivés» dimanche des élections cantonales.

A Genève, plusieurs scrutins ont également révélé les difficultés actuelles des écologistes. La défaite la plus grave date des élections cantonales d’octobre 2013. Les Verts y ont perdu sept de leurs dix-sept sièges. Cela faisait vingt ans qu’ils n’avaient pas enregistré un recul lors de l’élection du Grand Conseil.

Ce trend général négatif va-t-il se confirmer lors des élections municipales de dimanche? Lisa Mazzone, la présidente du parti, estime vraisemblable que les Verts obtiennent des résultats un peu moins bons qu’en 2011, mais que cela n’aura rien à voir avec ce qui s’est passé en 2013 au niveau cantonal. Il y a quatre ans, le parti avait réussi à maintenir ses positions dans les conseils municipaux et à doubler le nombre de ses magistrats communaux. La Ville de Genève faisait exception avec une perte de 4 sièges sur 15 au Conseil municipal.

Quoi qu’il advienne, il faut admettre que les Verts n’ont pas le vent en poupe. Plusieurs facteurs l’expliquent. Le premier est que l’écologie ne constitue plus le souci prioritaire de la population. Le deuxième est la diffusion dans le discours des autres partis de la préoccupation environnementale, leur niveau de crédibilité étant une autre question.

Le point le plus important est toutefois d’une nature différente. Les Verts ne sont plus uniquement un parti d’opposition. En entrant dans les exécutifs communaux et cantonaux, ils doivent désormais assumer des responsabilités gouvernementales. Or, confronté aux limites et à la réalité du pouvoir, le discours s’affadit forcément.

Pour un parti gouvernemental, tout l’art consiste donc à user d’une douce schizophrénie: le consensus à l’intérieur des exécutifs, le discours clair et ferme à l’extérieur. Au niveau cantonal surtout, c’est cette aptitude-là que les écologistes n’ont pas pleinement acquise. Au risque de devenir invisibles pour nombre de leurs électeurs.

Créé: 16.04.2015, 23h02

Chronique politique
Eric Budry
Rubrique Genève (Image: DR)

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