Menace sur un couloir biologique à Lancy

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Lors de la session de février, les députés du Grand Conseil devront se prononcer sur le projet de loi 12162 visant au déclassement d’une minizone villas sise dans la commune de Lancy, au bas de la rampe du Pont-Rouge et du chemin des Vignes.

Ce périmètre sert de liaison végétale entre le vallon de l’Aire et le parc Chuit. Il constitue ainsi un couloir biologique aux abords des tours CFF récemment édifiées et de l’urbanisation du quartier de la Vendée.

Cette zone arborée a fait l’objet, dans le plan directeur communal de la Ville de Lancy, d’une mention toute particulière pour la préservation de cette couronne végétale. Les conseillers municipaux de Lancy ne s’y sont pas trompés, ils ont voté à l’unanimité, tous partis confondus, contre ce projet de loi et ont adressé à l’attention du Grand Conseil un courrier stipulant leur opposition et leur soutien aux propriétaires dans leur démarche de préservation de ce poumon de verdure.

Ces mêmes propriétaires ont, par le biais de leur association AIPVR, fait la proposition de créer un parc en prolongement du très verdoyant vallon de l’Aire. Cette proposition permettrait de contrebalancer l’urbanisation intensive du secteur Lancy-Pont-Rouge, de compenser le parc prévu aux Adrets et partiellement abandonné au profit d’un indispensable bâtiment scolaire, de remplacer la création aberrante d’un parc, compris dans le projet de loi, qui serait inaccessible, du fait de la déclivité du terrain, aux personnes âgées ou à mobilité réduite.

Le rapport de majorité qui date du 1er octobre 2019 fait état de 12 voix en faveur de ce projet de loi. Ce rapport de majorité bafoue la volonté des conseillers municipaux de la ville de Lancy, en se moquant du principe de subsidiarité, et ne tient aucunement compte des propositions faites par l’association des propriétaires. Il est à relever dans ce document de 57 pages que ni les députés ni les personnes auditionnées (dont Antonio Hodgers) ne mentionnent le mot «arbre», un comble pour le déclassement d’une couronne paysagère!

La rédaction de ce rapport date d’avant les votations sur les référendums du Grand-Saconnex et de Cointrin. Celles-ci ont mis en évidence la levée de boucliers d’une majorité évidente de la population, qui a ainsi clairement exprimé son désaccord sur la disparition de notre patrimoine végétal ainsi que sur l’urbanisation intensive du canton.

Diverses déclarations ont été faites publiquement, autant par M. Hodgers que par les responsables des diverses formations politiques, précisant leurs engagements par rapport à la préservation des zones vertes, nos poumons de verdure. Ils se sont également engagés à prendre en compte les avis des conseils municipaux. Le Conseil d’État a par ailleurs déclaré l’urgence climatique pour le canton.

Ces déclarations seront-elles suivies d’actions concrètes? Ou resteront-elles au stade de bonnes intentions, voire de paroles en l’air? Ce sont les députés qui en décideront en indiquant, par leur vote sur le projet de loi 12162, s’ils ont véritablement à cœur de préserver la qualité de vie à Genève ou s’ils s’obstinent à accepter des projets visant à sa détérioration.

Créé: 24.02.2020, 16h47


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