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Qui de Mélenchon ou Macron a copié l’autre

Qui d’Emmanuel Macron ou de Jean-Luc Mélenchon a copié l’autre? Ou peut-être ont-ils eu tous deux la même intuition. Le vieux clivage gauche-droite est dépassé et il faut présenter du renouveau aux électeurs lassés par les guéguerres idéologiques habituelles. Ma gauche est plus vraie que la tienne. Et ma droite est plus décomplexée que la tienne, entend-on dans l’épicerie d’en face.

Il y a dix jours encore, Benoît Hamon, en perdition, tentait d’attaquer méchamment avec un «Macron n’est pas de gauche!» Soupirs… Plus personne n’était là pour l’écouter. Et surtout pour lui répondre: «Et alors!» Idem quand il attaque Mélenchon en le qualifiant de «représentant de la vieille gauche»… Resoupirs! Le candidat du PS est réellement passé à côté de tout durant cette présidentielle. En effet, les deux grands vainqueurs de cette campagne se sont détachés de l’axe gauche - droite, habituelle boussole de tant d’hommes politiques, comme jamais. Eh oui, Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron ont gagné la campagne présidentielle 2017. Effectivement, c’est Marine Le Pen qui est en finale. Mais elle l’était depuis trois ans. Alors oui, si on mesure la progression des candidats depuis trois, six ou douze mois, ces deux politiciens ont fait tout juste.

Evidemment, les deux hommes ne proposent pas la même chose en termes programmatiques. Loin s’en faut. Le libéralisme soft flirte très mal avec l’étatisme rampant. Mais la ligne force de leur campagne se ressemble étrangement.

La reconquête démocratique de Jean-Luc Mélenchon. Sa marche pour la VIe République. Cette envie et cette volonté affichées de remettre le citoyen et le collectif au centre de la vie publique, c’est une philosophie payante qui demande le dépassement des clichés et des clivages. D’ailleurs, pour l’occasion de 2017, le leader du Front de gauche a baissé le pavillon rouge (de 2012), effacé l’appellation «de gauche» et créé une structure propre – les Insoumis – qui a tout l’air d’être toute neuve! Un vrai appartement pilote de la politique… Pas mal pour un candidat élu pour la première fois en 1986. Car, et c’est l’avantage, on peut être un Insoumis et venir de la droite. On peut arborer son symbole de campagne, la lettre «Phi» qui renvoie à la culture grecque et antique, sans passer pour un dangereux révolutionnaire comme lors de l’époque de la faucille et du marteau. Avec le «Phi», tout au plus, peut-on se faire traiter de «new age»!

Emmanuel Macron s’est lui mis En marche! avec des adhérents qui pour beaucoup sont des jeunes et surtout néophytes en politique. L’enthousiasme des premières fois, ça compte. Et pour convaincre aussi. Quand le renouveau a une gueule de renouveau, c’est mieux. On parle des sympathisants, jeunes «marcheurs», croisés durant la campagne. Sur les réseaux sociaux, le Web, mais encore physiquement, distribuant des tracts au bout de la nuit sur les terrasses parisiennes le vendredi jusqu’aux dernières heures de la campagne: environ 23 heures… Car En marche! n’a rien inventé. Il a complété les anciennes méthodes. Les marcheurs ont ainsi organisé plus de 1000 réunions les trois dernières semaines avant le 1er tour et distribué 45 millions de tracts. Son programme, il l’a par contre construit avec plus de 3000 ateliers citoyens auxquels ont participé plus de 30 000 personnes. En a-t-il tiré quelque chose question contenu? Ne soyons pas cyniques: on ne le sait pas, mais cela fait tout de même 30 000 personnes concernées. Autant d’ambassadeurs qui ne veulent plus que la politique se fasse sans eux. On appelle cela la démarche participative, qui en Suisse porte le nom de démocratie directe.

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