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La médecine face à l’assistance au suicide

J’aimerais réagir à la lettre de lectrice favorable à l’assistance au suicide, parue dans la "Tribune" du 20 août sous le titre «Chaque médecin devrait le faire». L’assistance au suicide a pris une place vacante, parce que la médecine ne sait ni ne veut laisser les gens mourir.

En effet, nous médecins pensons que compétence est synonyme de maintenir en vie. Nous évacuons le scandale de la mort, oublions qu’elle est inéluctable et parfois, libératrice. Les connaissances médicales acquises à la faculté, faible part de notre réalité quotidienne, ne disent que peu sur l’inéluctable vieillissement, sur les limites des traitements, sur le raisonnable ou le déraisonnable, sur la souffrance générée par le «trop de médecine». Agir est valorisé, s’abstenir scandaleux, synonyme d’abandon, donc intolérable tant pour le médecin que pour le patient.

Nous n’avons pas appris à nous arrêter, lorsque les traitements sont inutiles et toxiques. Nous n’avons pas appris à expliquer à nos patients lorsque guérir n’est plus une option. Nous pensons devoir leur mentir, pour qu’ils gardent l’espoir. La question est fondamentale: comment mourir malgré la médecine qui a oublié que nous sommes mortels?

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