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Marie Laforêt et les «Feuilles d’or»

Cologny, le 5 novembre

Marie Laforêt m’avait découvert en 1969 dans l’un des cabarets parisiens où j’avais interprété un titre qu’elle venait d’enregistrer elle-même chez «Festival»: «Feuilles d’or».

«Mais c’est ma chanson»! s’était-elle écriée, souriante. «Sauf que j’en suis l’auteur», lui avais-je rétorqué, masquant au mieux ma timidité. «Feuilles rouges, feuilles d’or, volez haut par ce ciel en gris, feuilles rouges, feuilles d’or, vous tombez, moi je vis encore»…- «Vous l’interprétez mieux que moi», avait-elle généreusement décrété devant les clients, autour d’une bonne bouteille qu’elle nous avait commandée après mon tour.

Ses yeux, sa bouche, son charme, l’ivresse aussi peut-être, m’avaient redonné du courage après une douloureuse rupture amoureuse que je peinais à accepter.

Cinquante ans ont filé depuis. Les chansons ont tourné. Le vent aussi. Les feuilles tombent. Je pense à vous, belle Marie et, s’il n’est pas trop tard, je vous prie de me pardonner de ne pas m’être rendu au rendez-vous que nous nous étions fixé lors de notre unique rencontre. Désarmé par le chagrin de mon premier divorce, j’avais eu peur de vous aimer.

Pierre Alain

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