En marche vers l'inclusivisto

Image: Paolo Battiston

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Confignon, 24 janvier

Valérie Vuille dispense des formations pour se familiariser avec l’écriture non sexiste («TdG» 24 janvier). L’Université et donc l’État, qui se plaignent sans cesse de manquer de ressources, trouvent néanmoins les positions budgétaires voulues pour financer ces balivernes.

Ainsi, prétendument pour ne vexer personne, il faudra écrire «employé-e-s-x-s» (sic) (comment diable est-il prévu de prononcer cela?), puisque le but essentiel est de distinguer les genres les uns des autres, comme si une forme unique ne pouvait plus faire l’affaire («employés» par exemple).

Votre interlocutrice déplore que «nous n’[ayons] pas de forme neutre, comme le «Das» en allemand».

Les germanophones ont effectivement un genre neutre, ce qui ne leur épargne toutefois pas le même type de contorsions linguistiques que les francophones.

Bien sûr, on pourrait se contenter de laisser faire ces extrémistes et de hausser les épaules. Mais les fanatiques de ce qu’il est convenu d’appeler l’«écriture inclusive» sont dorénavant au pouvoir, ce qui, en politique, va par exemple jusqu’au refus récent d’examiner une interpellation parlementaire au gouvernement zurichois parce que celle-ci parlait d’«habitants» au lieu d’«habitant-e-s», tandis que, quelques années plus tôt, une brochure éditée par l’État de Genève devait passer au pilon pour le même type de motif.

Signalons au passage à Madame Vuille que bien des termes ou expressions dits «épicènes», qui semblent lui agréer, sont tout aussi «genrés» que ceux qu’elle récuse: «les membres du personnel» (pourquoi pas les «membresses»?), «le témoin» (pourquoi pas «la témoigne»?) ou encore «la sentinelle» (pourquoi pas «le sentinel»?).

La seule solution à tous ces problèmes serait de créer une nouvelle langue – disons l’inclusivisto – (à l’instar de l’esperanto, mais construite en fonction des aspirations féministes), puis de l’imposer à toute la société en remplacement définitif du français, de l’allemand et en fin de compte de tous les idiomes.

Au vu du pouvoir qu’exercent d’ores et déjà les genristes et les inclusivistes, un tel programme semble parfaitement réalisable.

Jurek Estreicher

Créé: 31.01.2020, 18h08

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