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En marche vers l’agglo franco-valdo-genevoise?

L’histoire politique de notre espace franco-valdo-genevois est particulière. Tracées après la chute de Napoléon par le Congrès de Vienne de 1815, les frontières nationales n’y suivent aucunement la réalité géographique et leur délimitation a au contraire contraint des territoires imbriqués à des destins divergents.

L’on y subit ainsi des distorsions croisées: prix du terrain quasi inabordables côté suisse, mais facilement accessibles côté français à qui a un revenu suisse. Coût du travail bien plus bas en France, avec un vaste réservoir de personnes qualifiées et motivées en quête d’emplois que leur pays n’assure pas, ce qui mécaniquement fait pression sur des salaires dont on a besoin en Suisse pour assurer une existence correcte. A cela s’ajoutent des infrastructures de transport largement insuffisantes, détériorant la qualité de vie au quotidien.

Dès lors, plutôt que de se sentir appartenir à un territoire à gérer ensemble, l’on met la faute sur le voisin et tend à lui tourner le dos. Pourtant, la réalité d’un espace commun est évidente. Aussi, lors de la création du canton de Genève, voici deux cents ans, la coupure avec l’arrière-pays avait été compensée par une zone franche dont les dimensions ont varié dans le temps. Aussi, depuis quarante-cinq ans existent des mécanismes de rétrocession fiscale et de concertation transfrontalière. Mais peu de tout cela est visible au quotidien.

Un double élan est nécessaire pour rendre l’agglomération franco-valdo-genevoise perceptible, lisible, tangible pour les populations concernées:

• Une concertation plus forte aboutissant à des réalisations partagées et explicitées comme telles: lignes de tram, parkings d’échange, équipements culturels, de soins, scolaires, de gestion des déchets ou encore l’Université du Grand Genève proposée par le maire d’Ambilly, Guillaume Mathelier. Ainsi l’agglomération ne serait plus une menace ou une promesse, mais un cadre protecteur et de cocréation.

• Un lieu représentatif rassemblant les élu(e)s des deux côtés de la frontière, une assemblée délibérative du Grand Genève, qui saisirait les autorités des deux Etats des préoccupations des deux territoires. Un lieu qui assumerait une fonction de forum et mettrait un coup de projecteur et d’accélérateur sur des projets communs, assurant centralité et légitimité au débat.

La nouvelle donne politique en France, avec un pouvoir politique ayant inscrit la relance de la construction européenne parmi ses priorités, devrait être l’occasion de mettre en marche l’ancrage populaire indispensable au Grand Genève, entité transfrontalière d’un genre nouveau. Car qui veut remettre au centre des préoccupations la nécessaire réorganisation politique du continent doit aussi s’intéresser à la gouvernance des régions transfrontalières. Des pistes institutionnelles existent pour réduire les inégalités entre territoires et le déficit démocratique – place à la créativité et au mouvement!

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