Mal servir et surtout ne pas disparaître

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Servir et disparaître, cette devise est répété en Suisse et ailleurs comme un mantra. Histoire de prouver sa grandeur de cœur, son dévouement à la cause publique et son respect de ses successeurs. Les coups de canif à ce contrat moral sont aussi rares que, le plus souvent, mal perçus par l’opinion publique. En France, il n’en est rien: les politiciens, tels les grands artistes et leurs adieux au music-hall à répétition, ne parviennent pas à quitter la lumière médiatique.

Ce début de semaine, c’est l’ex-président de la République (2007-2012) Nicolas Sarkozy qui d’interviews en inaugurations distille ses petites phrases. Le plus surprenant – et à saluer, si, si! – est que ses commentaires sont bienveillants à l’égard de l’actuel locataire de l’Elysée. Nicolas Sarkozy trouve Emmanuel Macron «épatant» et se reconnaît en lui. «C’est moi en plus jeune!» aurait-il dit. Tout cela est rapporté comme s’il s’agissait d’une parole biblique. Soupirs…

On apprend également que Nicolas Sarkozy, tel un parrain, reçoit dans ses bureaux – payés par l’Etat tout de même – les candidats à la présidence des Républicains. Un parti dont il était le président (rappelons-le!), avant sa défaite aux primaires, et qu’il a laissé ensuite se fracasser contre le mur de l’affaire Fillon. La grande formation politique de la droite française est aujourd’hui en lambeaux et l’un des grands responsables de ce désastre entend surtout ne pas disparaître.

François Hollande ne peut pas être tenu à lui seul responsable du naufrage du PS. Mais un peu tout de même… Or, ces jours lui aussi consulte et reçoit les barons du socialisme pour reprendre en main le PS. Pourtant, le locataire de l’Elysée de 2012 à 2017 avait été d’une limpidité d’eau de source au milieu de l’été. «Un ancien président de la République ne peut pas participer au débat public comme s’il était un chef de parti!» Après l’avoir déclaré au média en ligne, François Hollande s’est empressé de se contredire en jouant d’abord au chef de parti et ensuite de commenter l’action de son successeur. François Hollande a attendu à peine 100 jours pour revenir dans le jeu politique français.

Cette propension à s’étaler dans les médias est en parfaite contradiction avec le mouvement de «dégagisme» exprimé dans les urnes ce printemps. Il touche aussi les seconds couteaux, eux aussi battus, mais qui se sentent autorisés à s’inventer une nouvelle vie de chroniqueur politique. L’affaire met mal à l’aise aussi bien le milieu politique que celui de la presse. Allez ensuite expliquer aux citoyens qu’il n’y a pas de connivence? Allez comprendre pourquoi politiciens et journalistes sont deux professions détestées? Va donc pour Henri Guaino sur Sud Radio, Jean-Pierre Raffarin sur France 2, Julien Dray sur LCI, Aurélie Filippetti sur RTL, Raquel Garrido sur C8 et on en oublie…

Créé: 31.08.2017, 18h33

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