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Macron et la politique française aux soins palliatifs

Une tragédie, c’est quand tout le monde perd. C’est bien ce qui se déroule en France. Les Gilets jaunes disqualifient non seulement Emmanuel Macron mais encore toute la classe politique qui restent inaudibles. Il n’y a pas qu’En marche, le parti du président de la république, qui ne parvient à saisir cette fièvre qui menace de jeter le pays un chaos aussi inédit et qu’inquiétant. Les partis politiques d’opposition, de l’extrême gauche à l’ultra-droite, aussi parlent une langue étrangère aux revendications qui montent des ronds-points de province et alimentent à Paris la violence des confrontations des trois derniers samedis.

Les partis doivent réécrire leur programme politique, avançait le géographe Christophe Guilly dans une récente interview. L’homme qui théorise depuis une décennie la dissolution dans la précarité de la classe moyenne et les fractures qui minent la France périphérique a vu juste. Les événements s’obstinent à lui donner raison. Jour après jour, sur les plateaux TV et à la radio, les échanges entre les Gilets jaunes et l’habituel personnel politique français ressemblent à un dialogue de sourds.

La responsabilité partagée de l'état du pays

Les représentants de la majorité sont les plus chahutés dans l’ambiance de vindicte anti-Macron qui s’est cristallisé à une extraordinaire vitesse. Les anciens partis de gouvernements, le PS et les Républicains, ne sont pas réellement mieux accueillis. Leurs interlocuteurs en jaune, qui se disent le plus souvent apolitiques et non syndiqués, ont la mémoire de l’histoire récente et leur renvoient en pleine face leur responsabilité sur l’état du pays en général et sur celui de leur pouvoir d’achat en particulier. Quatre décennies d’alternance au pouvoir de la gauche et de la droite ont signifié pour eux autant d’années d’une lente érosion de leur qualité de vie.

La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon comme le Rassemblement national de Marine Le Pen, s’ils semblent de prime abord dans une plus grande proximité avec les Gilets jaunes, ne répondent que très imparfaitement à leurs aspirations. Augmentation du SMIC et des retraites, réintroduction de l’ISF, entre autres, ne sont que des palliatifs à des maux plus profonds. Tout comme l’exigence d’une régulation dure de la migration pour les plus droitiers de ces insurgés en jaune fluo.

Vivre de son travail est une aspiration apolitique

Le programme de parti qu’il reste à écrire en France n’est pas politique. Pas au sens des idéologies qui charpentent les formations politiques tricolores. Ce qu’exigent ces Gilets jaunes est un pragmatisme qui améliore le quotidien (le pouvoir d’achat), rétablit l’égalité des chances scolaires sur l’ensemble du territoire français (les ruraux sont à bout de souffle), réconcilie avec le travail (celui qui permet de vivre sans aides) et restaure la représentativité: combien de ces Gilets jaunes sont des abstentionnistes qui ont tourné le dos à des élus hors sol.

Cette culture du résultat qui l’emporte sur les doctrines n’est pas Française et le seul qui l’a esquissé, paradoxalement, s’appelle Emmanuel Macron. Il s’est fourvoyé en priorisant à l’envers. Préférant soulager la pression fiscale des riches que de répondre à la détresse de la France en souffrance.

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