Le Canton doit jouer son rôle étatique

Face-à-faceL’initiative «Pour une politique culturelle cohérente à Genève» entend rééquilibrer les engagements respectifs des collectivités publiques en matière culturelle. On vote le 19 mai sur ce sujet.

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Nous ne sommes pas obligés de nous exprimer sur tout. Si l’on n’a rien à dire, il vaut mieux garder le silence… Aussi je préfère d’ordinaire rester discret et ne pas commenter l’actualité politique.

Néanmoins, permettez-moi de dire deux mots, basés sur l’expérience et le bon sens, en tant que directeur d’une des plus belles institutions suisses qu’est le Théâtre de Carouge, la «Maison du théâtre» que je dirige depuis 2008, et d’apporter mon regard sur l’implication du Canton de Genève au niveau institutionnel des arts de la scène.

Avec notamment la reconstruction du «Carouge», la rénovation du Grand Théâtre, les naissances programmées de la nouvelle Comédie, du Pavillon de la danse, de la future Cité de la musique, mais encore du Centre culturel de Châtelaine, à Vernier, et de la Maison des compagnies, à Meyrin, la région de Genève s’apprête à entrer dans une nouvelle ère dans le domaine des arts de la scène.

C’est à un changement de politique culturelle que ces investissements invitent, et il serait naïf ou trompeur de ne pas le reconnaître. Il paraît donc organique de requestionner aujourd’hui la loi de répartition des tâches. Voici trois éléments qui plaident en faveur du retour du Canton dans la culture vivante: par définition, le Canton est l’acteur idéal pour avoir une vision sur l’ensemble du territoire. Cela le place en position naturelle d’harmoniser avec les communes (l’ACG!) les différentes propositions faites à ses habitants.

Ensuite, l’union fait la force! Il faut donc se prémunir contre les querelles comme celles qu’ont pu connaître l’État et la Ville de Genève, dont les électeurs semblent repus et qui ont de fâcheuses répercussions sur les institutions culturelles. Les élus se doivent de travailler en bonne intelligence et la culture constitue justement un excellent terrain pour affirmer une vision concertée entre tous les différents partenaires.

Enfin, prenons l’exemple concret de la création maison «Cyrano de Bergerac», qui a rassemblé plus de 12 500 spectateurs à Carouge. Pensez-vous qu’il n’y ait eu que des Carougeois dans l’assistance? Carouge ne peut seule subvenir aux besoins de son théâtre principal, au rayonnement d’envergure cantonale, nationale et internationale, alors qu’objectivement une majorité de spectateurs provient de l’ensemble du territoire.

Le Canton ne doit pas se désengager de la dynamique de ses institutions phares. Par les actes, nous prouvons au quotidien que la culture est le ciment d’une société! Genève est à l’aube de grandes aventures et l’on doit pouvoir s’en réjouir. Aussi il est fondamental que le Canton, notre référent au niveau fédéral, joue pleinement son rôle étatique et permette ainsi de capitaliser les efforts financiers consentis dans les infrastructures.

Créé: 07.05.2019, 19h02

Jean Liermier, directeur général du Théâtre de Carouge

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