Le jeu démocratique se met en place

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Grand-Saconnex, 21 janvier

À deux mois des élections genevoises, le monde politique frémit, l’agitation autour des «chaises musicales» émoustille les esprits. C’est bien, c’est souhaitable; le jeu démocratique se met en place.

Chaque électeur pourra s’exprimer par les urnes; mais pas dans toutes les communes.

Classiquement, chaque citoyen reçoit les listes législatives, choisit son parti et/ou les noms qu’il souhaite voir accéder au siège proportionnellement attribué. Il en va presque de même pour les listes exécutives dont les sièges sont octroyés à la majorité. Pourquoi «presque»?

Si votre commune propose plus de candidats qu’il y a de sièges à l’exécutif, pas d’entorse à notre système démocratique. L’élection se fera sur deux tours, chaque citoyen pouvant se prononcer dans les deux cas. Mieux, un nouveau venu peut alors se présenter au deuxième tour sur une liste déposée au premier tour. Notre démocratie en sort grandie.

Si votre commune présente un nombre de candidats égal au nombre de sièges, l’élection devient tacite. Le citoyen n’a plus son mot à dire. Il ne pourra ni valider ni émettre la moindre opinion sur le choix des candidats. Leur légitimité ne pourra pas être reconnue par la population.

Pire, si un autre candidat aux législatives devait «cartonner» à l’issue du verdict des urnes, il ne pourrait pas se présenter à un deuxième tour, puisque les jeux seraient faits. Formellement, nombre de conseillers administratifs n’auront tout simplement pas été élus par les citoyens.

Cette modalité ne peut être confortable ni pour la population ni pour les conseillers. Notre démocratie en sort trahie. Certes, cette modification de la Constitution a été validée lors d’une votation en 2016. Est-ce à dire qu’elle a été acceptée en connaissance d’effets? Rien n’est moins sûr. Cette situation n’est pourtant pas une vue de l’esprit puisqu’une vingtaine de communes (sur 45) seront concernées.

Cela pose tout de même quelques questions: à l’avenir, faudrait-il imaginer que des candidats alibis se présentent pour garantir aux électeurs le droit démocratique de se prononcer? Les candidats eux-mêmes peuvent-ils se sentir investis d’une mission élective par défaut? D’ailleurs, n’auraient-ils pas simplement le droit de connaître leur crédibilité auprès de la population (et réciproquement)?

À chacun bien sûr d’y répondre... pour 2025; parce qu’aujourd’hui, dans le grand jeu démocratique, les dés sont jetés.

André-Luc Jeandet

Créé: 02.02.2020, 16h58

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