Passer au contenu principal

Israël-Palestine: hymne à la paix

«Notre douleur, c’est notre force.» Telle est la devise du Cercle des familles endeuillées. Une organisation regroupant 300 familles israéliennes et autant de familles palestiniennes. Toutes ont perdu un être cher et pourtant, elles prônent la réconciliation pour résoudre cet interminable et sanglant conflit israélo-palestinien.

Mardi, à l’initiative de la Fondation Surgir, une Palestinienne et une Israélienne ont expliqué leur motivation inébranlable à Uni Dufour. Une première genevoise à laquelle la soussignée a assisté en tant qu’animatrice. Et cet hymne à la paix a conquis un public nourri.

Tout avait pourtant bien mal démarré, le gouvernement israélien n’ayant pas autorisé l’invitée palestinienne à s’envoler vers la Suisse. Une décision qui a suscité son lot d’indignations dans la salle. Mais heureusement, Marian Saadeh a pu participer à distance à la soirée, grâce à Skype. Et elle n’a pas manqué de déplorer sa frustrante interdiction, à l’image de son quotidien «empli de contrariétés et de check-points»…

Originaire de Bethléem, cette professionnelle en santé mentale et psychothérapeute a ensuite relaté son calvaire de ce 25 mars 2003, alors qu’elle était âgée de 15 ans: «Des agents des forces spéciales israéliennes ont ouvert le feu en plein centre de Bethléem, la ville de la paix, en visant la voiture dans laquelle je me trouvais avec ma famille. Nous avons tous été sérieusement touchés, mais seule ma petite sœur Christine n’a pas survécu à ses blessures. Je revis ce drame tous les jours…» Malgré cela, Marian défend le dialogue et la réconciliation sans retenue comme seule alternative à la haine et la vengeance.

Son amie israélienne Miri Ben-Rafael, bien présente, elle, à Uni Dufour, partage entièrement ce point de vue. Et pourtant, elle aussi a connu l’horreur avec la perte de son seul frère, Amnon, tué à l’âge de 26 ans sur le plateau du Golan lors de la guerre en 1973.

Cette psychologue clinicienne a raconté sobrement «la déchirure qui ne l’avait depuis lors jamais quittée. Nous étions inséparables!» Son choix de la réconciliation était pour elle évident: «Je me suis engagée pour réaliser le souhait de mon frère. Il a toujours soutenu que les Israéliens se devaient de trouver un moyen afin de promouvoir la paix et de coexister avec les Palestiniens.»

Malgré l’échec des politiciens au Moyen-Orient depuis plus de septante ans, le contexte hostile et instable, les morts qui se multiplient et les sentiments d’animosité et de méfiance qui augmentent avec ce déferlement de violence, les deux militantes veulent croire à la mobilisation populaire pour gagner la paix. «Il a été dit que la guerre est trop dangereuse pour être laissée aux mains des généraux. La paix, elle, est trop précieuse pour être abandonnée aux mains des politiciens, affirme le franco-palestinien Ofer Bronchtein, président du Forum international pour la paix, présent à l’événement. Aujourd’hui plus que jamais, la société civile, la communauté économique, culturelle, scientifique et pédagogique ont un rôle à jouer.»

Professeur à l’Institut des hautes études et du développement, Riccardo Bocco veut y croire, «même si le véritable processus de réconciliation ne peut commencer que lorsque les armes se sont tues».

«Ne doutez jamais qu’un petit groupe de citoyens engagés et réfléchis puisse changer le monde. D’ailleurs, rien d’autre n’y est jamais parvenu.» Une conclusion signée de feu l’anthropologue Margaret Mead.

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.