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L’Iran, la Corée et la bombe Trump

Mais à quoi joue-t-il? À première vue, la géopolitique nucléaire de Donald Trump peut sembler contradictoire. Le président des États-Unis envisage sérieusement de rencontrer, dans les semaines à venir, le leader nord-coréen Kim Jong-un pour tenter de le convaincre de cesser sa course à l’armement atomique. Mais, simultanément, il s’apprête à faire voler en éclats, le 12 mai, l’accord de Vienne sur le programme nucléaire iranien, qui avait été conclu en 2015 au terme de négociations internationales longues et ardues.

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Il y a pourtant un lien logique entre les deux démarches: le locataire de la Maison-Blanche exige des garanties que ni l’Iran ni la Corée du Nord n’auront à l’avenir d’arme atomique. Il juge donc que l’accord de Vienne est bien trop faible et il s’intéresse à décrocher un deal avec Pyongyang.

Le paradoxe, évidemment, c’est que, s’il démolit l’accord iranien, Téhéran décidera probablement de reprendre l’enrichissement d’uranium à des fins militaires, ce qui rapprocherait la Perse de la possession d’une arme atomique. Quant à la Corée du Nord, il semble qu’elle ait déjà acquis la capacité de monter des têtes nucléaires sur des missiles. Du moins, Pyongyang a réussi à rendre cette hypothèse suffisamment crédible pour que tout le monde la redoute. Il sera très difficile pour Donald Trump de convaincre Kim Jong-un d’y renoncer sans offrir en échange un véritable pacte de non-agression… qui ne sera certainement pas du goût de son électorat.

On pourrait aussi ajouter que les garanties offertes à Kim Jong-un devraient être d’autant plus importantes que la situation de l’accord iranien montre justement au leader nord-coréen que les États n’honorent pas forcément leurs engagements. Ce d’autant plus que Donald Trump adore laisser planer l’incertitude la plus totale quant à ses décisions à venir…

Bref, le président des États-Unis joue avec le feu nucléaire. Face à des armes atomiques, il tente le bluff et le passage en force. Difficile de ne pas craindre que ses impulsions désordonnées ne débouchent sur des conséquences explosives. La bombe, c’est surtout Trump.

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