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L'initiative CPEG, un mauvais service rendu aux fonctionnaires

Fortement sous-capitalisée, la Caisse de prévoyance de l’État de Genève (CPEG) doit impérativement être redressée. La réforme de 2013 ne permet pas de remédier à une situation récemment aggravée par l’évolution négative des rendements sur les marchés des capitaux. Si l’État n’agit pas, le comité de la CPEG devra prendre des mesures drastiques avec des baisses massives des rentes pour les nouveaux retraités – 10%, voire jusqu’à 50%. Dans ces conditions, le Conseil d’État a proposé une intervention rapide et pérenne.

L’initiative CPEG va continuer à alimenter – aux frais du contribuable – une baignoire qui se vide

Pour sa part, l’Asloca et le Cartel intersyndical, suivis par les partis de gauche, ont trouvé la solution magique dans une initiative populaire qui vient d’aboutir. Ils veulent transférer les terrains du projet Praille-Acacias-Vernets (PAV), propriété de l’État, à la CPEG afin qu’elle construise du logement social. Bingo se dit la gauche, on fait d’une pierre deux coups, on recapitalise la CPEG et on crée du logement. Mais c’est en fait un bien mauvais coup qui est fait aux fonctionnaires. D’abord, cette initiative ne propose aucune réforme.

Dans les faits, on va continuer à alimenter – aux frais du contribuable – une baignoire qui se vide. Aussi, ces apprentis actuaires n’ont toujours pas compris qu’une caisse de pension a besoin d’actifs qui produisent du rendement pour pouvoir verser des rentes. Or, les terrains du PAV ne rapportent presque rien pour l’instant. Il faudra attendre 20 à 50 ans avant qu’il y ait des logements et les revenus qui y sont associés. Aussi longtemps que ces terrains ne rendent rien, l’État va devoir continuer à renflouer la caisse.

Par ailleurs, et c’est peut-être sur ce point que l’employé de la fonction publique doit se sentir le plus floué, cette initiative va contraindre la CPEG à atteindre des buts d’ordre social alors que ce n’est ni sa raison d’être ni d’ailleurs son métier. Une caisse a pour objectif de faire fructifier l’argent de ses adhérents pour leur offrir une rente et donc une sécurité pour leurs vieux jours. Or, la meilleure manière de faire de la mauvaise gestion c’est de donner des objectifs contradictoires à la CPEG. Aussi, le transfert des terrains du PAV n’est pas sans risque (nappe phréatique, indemnisation des entreprises pour libérer les terrains…) et causerait un problème à la CPEG de diversification des investissements (concentration excessive dans l’immobilier à Genève).

Enfin, ce projet est irréaliste tant il arrive trop tard. L’État doit agir immédiatement sinon le comité de la caisse devra prendre des mesures drastiques au détriment des futurs retraités. Ainsi, ce projet est un très mauvais service rendu aux fonctionnaires qui doivent avoir la désagréable impression d’être utilisés par la gauche pour des bas calculs politiques.

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