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Initiative 163: oui ou non?

Jean-Daniel Viret et Guillaume Barazzone s'expriment sur l’initiative «Pour un pilotage démocratique de l’aéroport», soumis au vote des Genevois le 24 novembre.

Jean-Daniel Viret, membre de la commission consultative des nuisances de l’aéroport.
Jean-Daniel Viret, membre de la commission consultative des nuisances de l’aéroport.

Après Yvan Rochat, président de l’ATCR (Association transfrontalière des communes riveraines de l’aéroport de Genève) et Jean-Marc Devaud, conseiller administratif en Ville de Meyrin, voici Jean-Daniel Viret, ancien conseiller administratif à Bellevue, et Guillaume Barazzone, conseiller national PDC, l’un pour et l’autre contre l’initiative «Pour un pilotage démocratique de l’aéroport», en votation le 24 novembre.

Pour un vrai pilotage démocratique

C’est par la presse, le 14 novembre 2018, qu’elles ont appris que la Confédération avait accepté cette fiche PSIA. Ce déni démocratique prouve, si c’est nécessaire, que la Confédération ignore les riverains et que ceux-ci n’ont pas voix au chapitre. Le développement de l’aéroport ne peut plus se réaliser sans vraie concertation des collectivités locales. L’initiative pour un pilotage démocratique de l’aéroport est une réponse à cette attente. La population riveraine a droit à huit heures de sommeil. La loi oblige les cantons à poser des revêtements phonoabsorbants partout sur les routes traversant les localités. Il n’y a pas de phonoabsorbant pour les avions. Seul un pilotage démocratique de l’aéroport pourrait obliger ce dernier à fermer à 22 h et permettre ainsi aux habitants d’avoir un sommeil réparateur.

Le PSIA tolère étonnamment une augmentation de la pollution avec dépassement des valeurs limites autour de l’aéroport et sous les avions ces prochaines années, au mépris des habitants. Les communes ont dû insister lourdement pour que le Canton étudie l’installation d’unités de mesure de la qualité de l’air (PM 10-2,5, oxydes d’azote, hydrocarbures…) sur les communes proches de l’aéroport. Il n’y en avait pas (Champs-Fréchets, à Meyrin, est loin du site). Seul un pilotage démocratique de l’aéroport pourrait vraiment nous rassurer sur la qualité de l’air que nous respirons autour des installations aéroportuaires.

La consultation populaire en cours actuellement (pas ce vote sur l’IN 163) concerne les nouvelles courbes de bruit 2019. Comme de nombreux petits propriétaires l’auront noté, leurs propriétés absorbées dans l’élargissement des zones de bruit 2019 ne seront plus constructibles pour des logements. À la question de définir qui va indemniser ces petits propriétaires, le directeur de Genève Aéroport répond que ceux-ci devraient consulter un avocat. Seul un pilotage démocratique de l’aéroport est susceptible d’augmenter les chances pour ces petits propriétaires d’être indemnisés un jour. Pour toutes ces raisons, je vous conseille de voter oui à l’initiative 163 de la Coordination régionale pour un aéroport de Genève urbain, respectueux de la population et de l’environnement (CARPE), le 24 novembre 2019.

Jean-Daniel Viret, ancien conseiller administratif à Bellevue, membre de la commission consultative des nuisances de l’aéroport

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Ne coupons pas les ailes à l’aéroport

Il est des faits avérés. L’aéroport est une infrastructure majeure pour notre canton, qui contribue à son rayonnement et lui permet d’assumer son rôle international. Il est également capital pour notre économie, comme pour la population. Il est néanmoins aussi clair que son activité crée des nuisances. L’aéroport a été construit en 1919 à la périphérie de Genève. L’étalement de la ville a depuis augmenté le nombre de riverains potentiellement touchés. Il n’est donc pas question de rejeter leurs doléances. Mais de s’interroger sur la manière dont celles-ci peuvent être traitées le plus efficacement possible.

L’IN 163 demande que le pilotage de notre aéroport soit plus démocratique. Ne le serait-il pas? Rappelons que plus de la moitié des membres de son conseil d’administration sont des élus régionaux et des représentants de partis. Elle veut aussi renforcer le contrôle du Grand Conseil et supprime toute notion d’autonomie.

On peine à comprendre en quoi en faire un outil politique rendrait sa gestion plus efficace. Enfin, elle ignore totalement le cadre légal qui lui est pourtant imposé. Le Canton dispose en effet de peu de compétences: la concession de l’aéroport est octroyée par la Confédération et il doit respecter une législation principalement fédérale. Le contreprojet (L 12435) en tient compte.

Il fixe des objectifs en matière de développement durable, tout en rappelant l’importance de l’aéroport pour l’économie, mais aussi dans la vocation internationale du canton (élément oublié par l’initiative).

Il se réfère à la convention d’objectifs passée avec le Canton, qui représente un outil contraignant.

Il maintient enfin son autonomie, lui permettant de poursuivre une gestion efficace et de s’adapter à un environnement en constante évolution.

Les citoyens devront donc choisir entre deux instruments. L’un – l’IN 163 – dogmatique, déconnecté de la réalité, qui vise à entraver la bonne gouvernance de l’aéroport et à servir de tremplin politique à ses auteurs. L’autre – la L 12435 – pragmatique, qui propose un plan d’action ambitieux et réaliste pour permettre à l’aéroport de poursuivre ses efforts dans le domaine environnemental. Il propose d’ailleurs un mécanisme de taxes favorisant les avions les moins bruyants et a communiqué dans ce sens, avec les deux principales compagnies aériennes. Notre aéroport assume donc ses responsabilités.

Le 24 novembre, ne lui coupons pas les ailes. Votez non à l’IN 163 et oui au contreprojet.

Guillaume Barazzone, conseiller national PDC

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