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L’information: un bien public!

L’information est un bien public qui s’ignore! Nous faisons référence ici à l’information d’intérêt général d’une qualité satisfaisante, produite essentiellement par la presse d’information. Longtemps, l’information a été un bien privé particulier car le consommateur ne payait qu’une petite partie.

La publicité représentait jusqu’à 80% des recettes. Pas moins de 2,4 milliards de francs en Suisse en 2008 contre seulement 1,1 milliard en 2017. La pub enrichit les acteurs du numérique qui ont encaissé 2.1 milliards en 2017. Les principaux gagnants sont Google et les grands réseaux sociaux. Or ces acteurs de l’internet ne produisent guère d’information, tout en captant une partie de plus en plus élevée de la publicité. En outre, diverses activités en ligne se sont développées et bénéficient au secteur numérique des médias, mais pas à la presse d’information.

Dans ce contexte de «googlisation», l’objectif prioritaire des entreprises tend à être la gestion des trafics et des données en ligne, tandis que l’information de qualité, coûteuse à produire, décourage les investisseurs de par sa faible profitabilité. La question centrale apparaît alors: doit-on financer la presse en grand danger? Si on considère que l’information est un bien privé, la réponse est simple: il suffit de laisser les règles de marché opérer. Si les consommateurs ne veulent plus payer ce produit, il disparaîtra.

Pourtant, ce produit a différentes caractéristiques d’un bien public. Sa disparition éventuelle serait le fruit d’une défaillance de marché. Le marché ne serait pas capable de procurer à la population le bien en question, même si la population avait besoin de ce bien. Certes, mais le bien est-il un bien public? Deux critères caractérisent un bien public: il doit être non excluable et non rival. Prenons l’exemple de l’air, bien public évident: l’air est un bien non excluable, car personne ne peut être exclu: tout le monde respire l’air gratuitement.

L’air est non rival car si une personne respire, elle ne prive pas son voisin d’oxygène. Avec le numérique, l’information est pratiquement devenue un bien public. Elle est devenue en grande partie un bien non excluable: via les sites web et les réseaux sociaux, l’information circule très largement. Certes, les paywalls (accès payants à des articles en ligne) limitent l’accès. Le «New York Times» commence à avoir des ressources importantes via son Paywall, mais cela reste aujourd’hui un exemple marginal. Dans tous les cas, une partie au moins de l’information est reprise et touche une large population, et ce gratuitement. Des études du Pew Research Center montrent que l’information qui circule est issue majoritairement d’articles produits à l’origine par la presse.

L’information en ligne est un bien non rival. Le fait de lire un article en ligne ne prive pas une autre personne de la lecture dudit article. Le problème de fond est que les journalistes, principaux producteurs d’informations vérifiées, ne sont plus suffisamment rémunérés en raison de ces «reprises» parallèles d’information qui rendent accessible gratuitement l’information. Or, les journalistes produisent des informations dont le caractère d’intérêt général est avéré dans des domaines tels que la santé, l’éducation, la vie démocratique de la Cité et du pays, etc. Dans un océan de fake news, reconnaître le caractère public de l’information, et donc l’importance de la presse de qualité, est un premier pas. En tirer les conséquences pour le financement de la presse reste un sujet complexe mais d’actualité!

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