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«Il est indispensable de ne pas céder à la tentation du bouc émissaire»

Face à de tels événements, il nous faut commencer par traverser les premières étapes du deuil, le choc, le déni, la colère, la tristesse. Ces étapes sont nécessaires, car nous sentons bien que nous avons perdu quelque chose, un grand pan d’insouciance, celle qui nous permettait de penser que cela n’arrive qu’ailleurs, loin d’ici. Car nous n’oublions pas qu’un jour avant Paris, Beyrouth subissait le même sort sans que l’on ne s’en émeuve particulièrement.

Mais les étapes suivantes du deuil, la résignation et l’acceptation, ne sont pas de mise, ni pour les citoyens ni pour les responsables politiques.

Pour les dirigeants politiques, la réponse passe forcément par les mesures à prendre pour combattre Daech et ceux qui le servent sciemment ou aveuglément. Qu’il faille une coalition est une évidence, mais la condition pour qu’elle soit efficace est que les pays qui la composent renvoient au second plan leurs agendas cachés et s’engagent pleinement pour l’objectif fixé. Ce qui importe encore, c’est de tirer la leçon des interventions passées. Une présence militaire dans un pays doit forcément être suivie d’un retrait. Mais celui-ci ne peut se faire sans que l’on se préoccupe, sur le plan civil, de faciliter la mise en place d’institutions civiles et d’un Etat de droit. Sans justice, sans sécurité intérieure, sans organisation institutionnelle durable, les interventions militaires créent des régions de non-droit qui représentent un vrai terreau de recrutement pour les organisations terroristes.

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