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L’impact du COVID-19 sur la croissance économique mondiale

Les scénarios négatifs possibles sur la scène économique mondiale ne manquaient pas début 2020. Pourtant – et c’est bien là le principe des surprises – le coronavirus, rebaptisé «COVID-19» par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ne figurait pas sur cette liste.

Il ne fait désormais plus aucun doute que l’impact négatif sur la croissance chinoise sera très élevé au premier trimestre. Deux tiers de la production économique du pays a été mise à l’arrêt depuis le Nouvel An, et le rythme de reprise – avant un éventuel retour à la normale – reste encore incertain.

Depuis le week-end dernier, la question qui inquiète est de savoir si cette épidémie affectera le reste du monde de façon toute aussi sérieuse et inquiétante.

En particulier, les cas de contamination et les décès en Italie ont déclenché une vague de panique. Bien que ces chiffres apparaissent particulièrement faibles comparés aux plus de 78,000 cas confirmés et 2,700 morts en Chine, il faut reconnaître que le passage d’un risque quasi-nul à une «éventuelle possibilité de pandémie mondiale» selon l’OMS est préoccupant.

Le risque humain est bien entendu le plus dramatique, et il faut espérer que la communauté médicale internationale parviendra à trouver des méthodes de prévention efficaces le plus rapidement possible.

Sur le plan économique, les épidémies sont souvent comparées à des catastrophes naturelles. L’épargne accumulée finit par être dépensée et le retard d’investissement rattrapé, du moins partiellement.

Par ailleurs, les autorités fiscales et monétaires ne sont pas impuissantes. En Chine, la banque centrale a la possibilité de réduire les taux d’intérêt, tandis que des mesures de relance budgétaire sont adoptées pour soutenir les entreprises, les investissements et la croissance.

Aux Etats-Unis, la Réserve fédérale américaine devrait pouvoir baisser les taux deux fois cette année, de 0.5% en tout, permettant ainsi aux économies émergentes – dont les politiques monétaires sont souvent liées aux conditions financières américaines – de continuer à pratiquer des taux historiquement bas, tant que l’inflation ne surprend pas fortement à la hausse.

En Europe, il faut reconnaître que la situation est plus compliquée. La marge de manœuvre de la Banque centrale européenne est fortement limitée par des taux d’intérêts déjà négatifs, et la dette du gouvernement italien – où le risque économique lié aux mesures de confinement est le plus important – est très élevée.

Cela dit, si l’endiguement du virus devait se concrétiser au deuxième trimestre, comme nous continuons à l’attendre, les dommages causés à la consommation, la production et les chaînes de valeur commerciales internationales ne devraient pas être de nature à empêcher un redressement de l’économie mondiale durant la seconde moitié de l’année.

Mais quoiqu’il en soit, dans un contexte de vulnérabilité industrielle et manufacturière globale provoquée, entre autres, par les tensions commerciales en 2019, ce n’est pas une bonne nouvelle. La dynamique de l’économie mondiale s’annonce décidément peu vigoureuse cette année.

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