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Immatériel comme le yodel et plus solide que l’Unesco

Et le gagnant est… la Fête des vignerons de Vevey! Une annonce qui a dû laisser de marbre la population du lieu où elle a été faite. C’était jeudi dernier à Addis-Abeba, en Ethiopie, lors de la réunion du Comité intergouvernemental de sauvegarde du Patrimoine culturel immatériel. Autrement dit, l’Unesco a inscrit la nouba vaudoise sur sa liste. De quoi mettre Lavaux en joie. Ce vignoble est lui-même classé par le même organisme depuis 2007.

D’autres traditions ou savoir-faire étaient nominés, comme on dit aux Césars. A part le Carnaval de Bâle, que l’on pouvait s’attendre à trouver parmi les candidats, les autres surprennent: la gestion du risque d’avalanches, la mécanique horlogère, le design graphique et typographique suisse, la saison d’alpage, le yodel et les processions de la Semaine sainte à Mendrisio.

Ah bon. Et l’Escalade? Grave question à quelques jours du retour de ce fleuron du patrimoine immatériel de… Genève! Eh oui, de Genève seulement. Pourquoi s’en plaindrait-on? L’évocation annuelle de l’étonnante victoire des Genevois en chemise sur les mercenaires napolitains du duc de Savoie se porte très bien sans le secours de l’Unesco. Et depuis très longtemps, comme d’ailleurs la Fête des vignerons, puisque le premier défilé de l’Escalade a eu lieu en 1793, alors que les vignerons ont attendu 1797 pour se lancer dans la Fête. La Compagnie de 1602, organisatrice du cortège, existe depuis 1926, mais elle se présente aujourd’hui comme la plus grande société historique du pays, avec plus de 2500 membres, de nationalité suisse ou pas. Parmi eux, 800 bénévoles participent aux activités costumées du week-end le plus proche du 12 décembre.

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