Huit actions pour juguler les coûts de la santé

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Claironner à tous les vents que la médecine coûte cher car les médecins sont trop grassement payés, c’est jeter outrageusement l’opprobre sur notre profession. La rémunération des médecins à la charge de l’assurance de base est confortable mais sans excès et classe raisonnablement, et sans honte, cette catégorie professionnelle dans la moyenne supérieure de l’échelle sociale.

Les rares très hauts revenus qui sont montrés du doigt ne concernent que quelques chirurgiens hautement spécialisés à la charge de l’assurance complémentaire, détenue par moins de 30% de la population genevoise, et non de l’assurance de base obligatoire. Néanmoins, les coûts de la santé augmentent chaque année et nos primes avec. Alors quelques réflexions pour tenter de les contrôler:

- responsabiliser les patients en les incitant à ne pas consulter pour tout et rien, et ce plusieurs fois par année

- responsabiliser les médecins à prescrire juste, en limitant les examens inutiles ou inutilement répétés

- mieux cibler les médecins abuseurs, et il y en a! (Santé Suisse détient les index de prescription de chaque médecin = index anova)

- faire comprendre à la population le sens d’une assurance sociale basée sur la solidarité: les cotisations identiques pour tous ne signifient pas une obligation de consommer de la médecine pour le montant égal aux cotisations payées

- mieux contrôler la liste des prestations à la charge de l’assurance de base avec un office de contrôle rigoureux et non populiste

- limiter à Berne l’attribution d’équivalences à tout détenteur européen d’un diplôme de médecine autorisant l’ouverture dans notre pays de toutes sortes de cabinets et centres médicaux qui pour certains pratiquent une médecine purement commerciale

- donner aux cantons la possibilité de contrôler leur densité médicale en incitant les «nouveaux venus» à densifier les régions sous-médicalisées de notre pays

- réfléchir de manière éthique et prudente aux limites jusqu’auxquelles notre médecine doit raisonnablement s’engager dans la prise en charge des pathologies du très grand âge. Aujourd’hui tout est possible, mais à quel prix…

Dans ce contexte, réduire les prix d’un acte chirurgical n’a aucun sens dans une quête de réduction globale des coûts. L’amélioration de nos prestations est au bénéfice du patient, avec notamment une période d’incapacité de travail diminuée. Elle mérite d’être valorisée et non pénalisée.

La chirurgie ambulatoire n’est pas une chirurgie «low cost». C’est une chirurgie à part entière, avec les mêmes risques et les mêmes responsabilités. La chirurgie n’est pas une affaire de bistouri mais une interaction humaine avec une prise de risque supérieure à toute autre profession. Elle doit être pratiquée dans la dignité et le respect de toutes les parties.

Venez donc une fois en salle d’opération Monsieur Berset, et prenez Monsieur Poggia avec vous!

(TDG)

Créé: 06.02.2018, 16h21


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