Quand un hashtag ébranle Uber

Le nombre de plaintes sous le hashtag #UberCestOver explose: de nombreuses femmes se confient sur les agressions sexuelles subies lors de courses Uber.

Le nombre de plaintes sous le hashtag #UberCestOver explose: de nombreuses femmes se confient sur les agressions sexuelles subies lors de courses Uber. Image: DR

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

«Dormez en sécurité, on vous ramène à bon port». Sur l’affiche publicitaire étalée dans le métro parisien, une femme endormie est reconduite à son domicile par un chauffeur Uber. Mais voilà, sur Twitter, le hashtag «UberCestOver» recense inlassablement les mêmes histoires: «Il a mis sa main sur ma cuisse, je me suis figée, j’ai su que c’était trop tard », «j’avais bu, il s’est arrêté et est monté avec moi à l’arrière», «j’ai remarqué qu’il se touchait le sexe en me regardant dans le rétroviseur»…

Twitter est devenu un lanceur d’alerte. Depuis MeeToo, le réseau social est l’outil privilégié des langues qui se délient. Grâce aux hashtags, il compile les faits qui se recoupent et les histoires qui se répètent: «Je ne suis pas la seule.» Il est souvent le premier pas avant la prise de parole et le dépôt de plainte.

Uber en subit désormais les conséquences. Véritable tempête sur les réseaux sociaux, en partie grâce au courageux témoignage vidéo d’Anaïs pour Kombini qui, après une soirée arrosée en 2016, est violée par son chauffeur. Le hashtag UberCestOver encourage les usagères à boycotter l’application.

On notera au passage la courageuse intervention de certains taxis français qui investissent aussitôt le débat tambours battants: raison de plus pour n’avoir recours qu’aux taxis officiels titulaires d’une licence! La jurisprudence leur donnera tort: si la détention d’un diplôme garantissait contre les risques d’agressions sexuelles, cela se saurait…

Quant aux victimes, elles dénoncent le manque de réaction de la part du géant américain. L’agresseur d’Anaïs – condamné en février 2019 – utilisait le compte Uber de son frère. Geste commercial tout de même, le montant de sa course lui a été remboursé...

Créé: 04.12.2019, 17h19

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Smog: les voitures polluantes interdites de centre-ville
Plus...