Guerre des monnaies dans une Syrie en feu

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Le régime syrien doit aujourd’hui se battre sur un front insidieux, l’effondrement de la livre syrienne, symptôme de la liquéfaction économique et financière du pays. Il faut compter aujourd’hui 525 livres syriennes pour un dollar, contre de 50 au début du conflit en 2011. De fait, ses réserves monétaires ne sont à guère plus de un milliard de dollars, contre 17 milliards avant le conflit. En dépit des aides russes se chiffrant à cinq milliards ces deux dernières années et malgré les subsides iraniens, 2016 s’avère être un cauchemar pour un régime saigné à blanc par ses dépenses militaires et qui ne parvient plus à enrayer la chute aux enfers de sa monnaie.

Du coup, comme le milliard de dollars dont il dispose encore au titre de ses réserves lui permet d’assumer à peine un mois de factures d’importations, il se retrouve contraint d’adopter des quotas contraignants de stricte limitation des denrées importées, et d’interdire toute spéculation contre la livre sous peine d’emprisonnement de quinze ans. Néanmoins, un responsable des groupuscules islamistes régnant au nord-ouest du pays a récemment proposé d’abandonner la livre syrienne au profit de la livre turque.

Outre la préoccupation de régler leurs mercenaires étrangers dans une monnaie attractive, ces radicaux poursuivent un second objectif machiavélique en boycottant les paiements en livre syrienne pour achever de l’affaiblir et accélérer la chute du régime syrien. Daech a de son côté cessé depuis longtemps de faire usage de la livre syrienne, remplacée par le dollar qui règne en maître sur son territoire. Damas est incapable de financer son train de vie. Ce qui constitue pour Damas une menace existentielle plus compliquée à surmonter que l’aventure militaire.

*Directeur d’Art Trading Finance

Créé: 21.10.2016, 22h49

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